Le Monde comme il va

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L'Inde de Modi : un modèle de développement…

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°8 (janvier 2016)

Depuis 2014, l'Inde a hérité d'un nouveau Premier Ministre. Narendra Modi est le prototype même de l'homme d'appareil. Lentement mais sûrement, il a gravi tous les échelons de son parti le BJP, le Parti du peuple indien, jusqu'à en devenir une des figures majeures au début du présent siècle. Il doit sa notoriété à ses talents de tribun, à sa capacité à capturer l'attention des masses hindoues avec ses envolées lyriques nationalistes et anti-musulmanes. On l'a souvent accusé de jouer avec le feu, voire même d'allumer les incendies inter-communautaires dans son bastion du Gujarat, un Etat situé à l'ouest de l'Inde qui a subi une longue influence musulmane, même si sa population est à 80 % hindouiste.

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Pauvreté, non ! Inégalités, oui

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°7 (Alternantes FM)

A chaque début d'année, c'est comme ça, on se met à prendre de bonnes résolutions : arrêter de fumer, de trop boire, de regarder la télé ou de fredonner des chansons de Michel Delpech. Et on les note pieusement sur un bout de papier, histoire de pouvoir les réitérer le 31 décembre suivant. La Communauté internationale fonctionne comme le plus humble bipède : elle fait des promesses qu'elle ne tiendra pas mais qui réchauffent le coeur. Elle sait que nous ne pouvons pas vivre sans espoirs et sans leurres.

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Des poireaux, des moutons et la « patent box »

Chronique (décembre 2014)


Depuis des siècles et des siècles, des hommes s'évertuent à faire de l'argent avec de l'argent. Pour cela, il faut faire travailler sa cogiteuse. Soyons honnêtes, disons-le franchement : il faut également des amis ; des amis haut placés, le genre qui détient les rênes du pouvoir, pose son séant sur les bancs des assemblées et qui, au nom de la compétitivité, de la croissance, de la liberté d'entreprendre ou de je ne sais quoi d'autre est capable de faire de votre intérêt particulier l'intérêt général. Faut savoir sous-traiter de temps en temps.

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Rana Plaza, un an après

Chronique octobre 2014 (Patsy et Fabrice)

Au milieu du 19e siècle, afin de préserver les bonnes mœurs et la moralité publique, quelques patrons très pieux eurent l'idée de créer des usines-couvents. Une usine-couvent était un lieu clos, dépourvu de recoins sombres, et géré de façon toute militaire afin d'éviter que la main d'oeuvre féminine n'ait à subir les assauts des mâles, de bon gré parfois ou de mauvais gré souvent, car certains profitaient de leur statut pour s'arroger un droit de cuissage. D'autres patrons créèrent des usines-internats destinées aux jeunes filles dont les parents désiraient qu'on préserve la vertu. Entre l'atelier, le dortoir collectif et la salle de prière, leur hymen était à coup sûr bien gardé ! Le contrôle social au service de la productivité : on n'a rien trouvé de mieux !

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Gary Becker is dead

Chronique (octobre 2014)

Gary Becker est mort. C'était en mai dernier et bêtement, cette information m'était sortie de la tête. Gary Becker est mort et cela ne me fait ni chaud ni froid. Et c'est peut-être également votre cas : car qui connaît Gary Becker ? Pas grand monde, hormis les économistes, les sociologues et les pauvres.
Les économistes, parce que Gary Becker était un membre de leur communauté. Les sociologues, parce que l'économie de Gary Becker avait la volonté d'expliquer tous nos comportements sociaux. Les pauvres, parce que Gary Becker s'essuyait dessus avec allégresse. Je corrige : les pauvres ne connaissaient pas Gary Becker mais vivaient au quotidien la traduction concrète de ses idées.

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Du gueux à moudre

Chronique (septembre 2014)

Avec un taux de chômage supérieur à 10 %, une croissance en berne et un moral dans les chaussettes, la patrie des droits de l'Homme et du citoyen va mal, très mal. Les recettes des politiciens ne fonctionnent pas. Normal, les politiciens ne se mettent point les mains dans le cambouis. Ils pérorent, échafaudent des plans, ménagent la chèvre et le chou alors qu'il leur faudrait, au contraire, prendre des décisions fortes, radicales. En revanche, les patrons, ces conquérants du monde moderne, ces aigles que l'on prend trop souvent pour des pigeons, savent ce qui leur faut pour remettre de la croissance dans l'atonie, du bonheur sur les visages et de la sueur sur les fronts. Car c'est dans l'effort que la Nation trouve un supplément d'âme. C'est dans l'effort qu'elle se forgera un destin à la hauteur de son passé. Oui, je sais, j'en fais trop, mais j'essaie de mettre du Malraux dans le Gattaz afin de captiver votre attention.

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Au Sud, les jeunes perdent le Nord

Il y a la Corée du Nord, sa dictature sanglante, ses défilés au cordeau, ses disettes régulières et ses accès de fureur. Et puis il y a le sud, la vitrine de l'Occident, l'exemple chéri, celui que l'on montrait dans les écoles pour prouver, mais oui mais c'est bien sûr, qu'il était possible de sortir du sous-développement. Au communisme de caserne, on opposait le capitalisme autoritaire et on nous sommait de choisir. Et les libéraux chérissait le Sud même si la transformation de ce pays rural en dragon industriel en deux ou trois décennies devait davantage au dirigisme musclé qu'au libéralisme du laissez-faire.

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On est toujours le nègre de quelqu'un

Chronique (novembre 2013)
Par Patsy et Fabrice

Depuis quelques semaines, l'extrême-droite a fait de Christiane Taubira sa cible favorite. Il faut dire que la Garde des sceaux l'a bien cherché. Elle est femme, noire, intelligente et pugnace, soit l'incarnation même de ce que les racistes exècrent : la capacité des individus à ne pas se tenir à un rôle défini par autrui (Dieu, la Science ou les Dominants).

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Jusqu'à quand ?

Chronique (novembre 2013)


Sont-ce des ombres ? Sont-ce des hommes ? Émergeant d'un brouillard épais, on distingue à peine une silhouette, peut-être un visage, des cheveux couleur de jais et un masque blanc. Nous sommes en Chine et non en Angleterre, à Harbin et non à Londres, et ce n'est pas le fog qui obstrue notre vue, mais une intense pollution industrielle qui s'est emparée de la ville au point de la rendre irrespirable, invivable. C'est la rançon du progrès, de la croissance, du développement... non régulés, of course, parce qu'un capitalisme régulé met la pollution en normes, en chiffres, en taux, ce qui, avouons-le, rassure bien au-delà du cercle des asthmatiques.

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L'amour est dans le prêt : Je t'aime, moi non plus (8)

Septembre 2012


Comme vous le savez sans doute, le Traité de Maastricht inclut dans l'un de ses articles une clause dite de « non-sauvetage ». En clair, les Etats membres de la zone Euro en déficit sont priés d'aller se refinancer sur le Marché, car de solidarité entre eux, il ne peut y avoir. Chacun se doit donc d'être vertueux, prévoyant et austère comme un presbytérien. L'Europe s'est construit sous le signe de l'amour, mais l'amour peut être vache et le mariage, sous contrat...

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Xavier Montanya, L'or noir du Nigeria

Xavier Montanya
L'or noir du Nigeria – Pillages, ravages écologiques et résistances
Agone, 2012

Tous les géants n'ont pas les pieds d'argile. Le Nigeria est un géant d'Afrique dont on a cent fois prédit l'implosion1. Pourtant cet Etat fédéral tient. Il tient par la corruption, la violence, le clientélisme, en joint-venture avec quelques multinationales, véritables Etats dans l'Etat.
Xavier Montanya, journaliste catalan auteur d'un excellent livre sur la résistance chilienne2, a enquêté cinq années durant au pays du light sweet crude oil3, et prouve encore une fois que le pétrole, cette « merde du diable », ne fait pas le bonheur4.

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Un lapsus révélateur (quoique...)

Septembre 2012


Jeudi 6 septembre vers les 20h, alors que je faisais comme d'hab' ma vaisselle (je ne fais relâche que le 8 mars), j'ai entendu un journaliste de France Info commettre un délicieux lapsus.
Rappelons le contexte. Ce jeudi-là, Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne, annonce que cette austère institution toute entière vouée à la lutte contre l'inflation a décidé de voler au secours des pays européens lourdement endettés. Par quel moyen ? En promettant d'acheter le cas échéant mais de façon illimitée une partie de leurs dettes souveraines. Dans quel but ? Rassurer les marchés qui ont, comme chacun le sait, le trouillomêtre à zéro, et empêcher les méchants de spéculer sur la capacité des pays faibles de la zone euro à sortir la tête de l'eau. Ce faisant, les Etats en faillite virtuelle peuvent espérer enfin avoir la possibilité de se refinancer à des taux moins prohibitifs. En faisant cette annonce, en « laissant entendre que... », Mario Draghi envoie un message au Marché : si vous poussez le bouchon trop loin, la BCE interviendra et mettre fin à la curée, non mais !

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L'Uruguay soigne ses pauvres

Chronique n°12 (01/2012)

J’aurais pu vous parler du tendre penchant de Nicolas Sarkozy pour l’idéal coopératif. J’aurais pu vous entretenir de sa nouvelle passion pour la soi-disant sulfureuse taxe Tobin. J’aurais pu vous dire deux mots de François Hollande et de son pèlerinage à Jarnac, en Terre sainte mitterrandienne. Mais comme je n’ai pas que cela à faire, je préfère vous parler de choses sérieuses, le genre de celles qui ne font jamais la Une de l’actualité.

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L'amour est dans le prêt : le micro-crédit (7)

Chronique n°10 (décembre 2011)

Dominique de Villepin sera donc le 927e candidat à vouloir notre bonheur à l'occasion de la foire électorale du printemps prochain. C'est fou le nombre de gens prêts à se sacrifier pour nous et notre triple A ! Mais, comme le soulignent certains commentateurs, trouvera-t-il les moyens financiers de son ambition ? Car sans pognon, pas de campagne, pas d'affiches en couleur, pas de zénith loués, pas de show à l'américaine : rien, nada, que dalle ! Heureusement, il lui reste le micro-crédit.

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L'amour est dans le prêt : le meilleur des mondes (5)

Chronique n°8 (décembre 2011)

Souvenez-vous. Nous sommes en 1984, à Douaumont, devant le monument aux morts honorant comme il se doit les victimes de la Grande Boucherie de 1914-1918. Là, François Mitterrand colle sa mimine d’ancien partisan de l’Algérie française dans celle de Helmut Kohl, chancelier de la Bundesrepublik. Que notre président d’alors semblait petit aux côtés de son alter ego allemand, avec son double-mètre et son quintal. Mais avouons-le, l’image avait de la gueule, témoignant de la volonté indéfectible de l’Etat français et de l’Etat allemand de s’unir pour le meilleur en conjurant le pire.

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Chine : jusqu'à l'indigestion

Chronique n°7 (novembre 2011)

Le matin, il commence par boire un bon bol de lait à la mélamine avec deux petits pains blanchis au sulfure et une tranche de jambon issu de porcs nourris au clenbutérol, un anabolisant qui fait la joie de certains sportifs. Il coupe ensuite un œuf de cane dont le jaune est coloré au rouge soudan, qu’il mange avec deux morceaux de pain produit avec de la levure toxique.

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L'amour est dans le prêt : la bourse est le pouls (4)

Chronique n°5 (novembre 2011)

Il fut un temps où sur le Vieux continent, à la City de Londres par exemple, on faisait de l'argent avec de l'argent mais avec élégance, en devisant chastement de l'avenir du monde libre à l'heure du Tea Time. Sur le marché des actions, le strict cloisonnement des fonctions limitait les conflits d'intérêts. Il y avait des sociétés de bourse, des maisons de courtage, des banques d'affaires, chacune faisant son travail, chacune restant à sa place.

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L'amour est dans le prêt : vivre à crédit (2)

Chronique n°3 (octobre 2011)

En 1992, l'honnête citoyen français s'est rendu dans l'isoloir pour dire si oui ou non il acceptait que la France ratifie le Traité de Maastricht. Et par une courte majorité, le oui l'a emporté. Ce fut donc la victoire du Marché libre, de l'Euro et de la Paix puisque, vous le savez tous, nous oeuvrons pour l'amitié entre les peuples en soutenant l'Europe libérale ; alors que les anti-Européens, eux, sont des grégaires nationalistes à front bas ou des communistes mal dégrossis, voire les deux.

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L'amour est dans le prêt : vivre à crédit (1)

Chronique n°2 (octobre 2011)


L'économie, c'est pas mon truc. Je n'y comprends rien, ou pas grand chose. C'est plein de chiffres, de courbes, de bidules et de machins, d'actifs toxiques et d'effets de levier, de Hedge funds et de Mutual funds. C'est plein de bulles aussi, qui explosent à l'occasion, laissant le gueux tout déconfit, recroquevillé sur son bas-de-laine.

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La trahison des éditeurs

Thierry Discepolo
La trahison des éditeurs
Agone, 2011, 205 p.

Discepolo

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