Le Monde comme il va

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« T'es pour qui, toi ? » (Deuxième partie : Egypte et Tunisie)

Chronique (janvier 2015)

« T'es pour qui, toi ? » Ma fille, ses neuf ans et son mètre trente me posent souvent cette question quand j'émets une sorte de grognement d'insatisfaction à l'écoute des informations.
« T'es pour qui, toi ? » et invariablement, je lui fais la même réponse : « Pourquoi voudrais-tu que je choisisse un camp plutôt qu'un autre ? Et pourquoi la télé ne nous montre-t-elle souvent que deux camps ? » Mais ne croyez pas que je veuille me défiler en lui répondant cela. Prenons pour exemples l'Egypte et la Tunisie.

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"Quitte à choisir…"

Chronique (novembre 2014)

A ma gauche, un oligarque au regard plutôt tourné vers l'Ouest, autrement dit l'Occident ; à ma droite, un oligarque au regard plutôt tourné vers le Nord, autrement dit vers Moscou. Telle pourrait être somme toute un résumé assez simple de la situation passée et présente de l'Ukraine, le pays où jadis existât une révolution orange.
Pauvre Ukraine. Depuis le début des années 1990, son calvaire continue. La nomenklatura soviétique s'est muée en caste néolibérale affairiste, et une terre sous le joug du capitalisme d’État s'est transformée en Far west pour kleptomanes avertis, autrement dit issu du sérail.

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La Tunisie d'Ennahda

Chronique n°6 (novembre 2011)

En Tunisie, en octobre dernier, les urnes ont rendu leur verdict. Comme beaucoup le craignaient, ce sont les islamistes du parti Ennahda qui sont arrivés en tête. En tête, mais pas suffisamment pour gouverner seul. Au sein de cette Assemblée constituante, Ennahda sera donc à la tête d'une coalition chargée de préparer la nouvelle Constitution et de gérer une situation économique et sociale difficile.

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Tunisie : le temps de la normalisation

Chronique n°15 (février 2011)

La semaine passée, le peuple égyptien retînt son souffle. Nous étions le jeudi 10 février 2011 et Hosni Moubarak allait bientôt prendre la parole sur la télévision nationale. Allait-il annoncer son départ ? Beaucoup l’espéraient tant son pouvoir semblait délégitimé. Il n’en fut rien. Pourtant la CIA y était même allée de son communiqué : était-ce une façon de mettre la pression sur le président égyptien, ou une nouvelle preuve de son incapacité à contrôler son arrière-cour ? Nous ne le savons pas, et nous ne le saurons peut-être jamais.
Bref, ce jour-là Hosni Moubarak se contenta de transmettre tous les leviers de commandement à son fidèle lieutenant, le vice-président Omar Souleimane, un septuagénaire bien en vue dans toutes les chancelleries occidentales, qui a la main sur les services secrets égyptiens depuis quelques lustres, et qui s’est fait une solide réputation dans la lutte contre l’islamisme radical.

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Tunisie : soulèvement populaire ou révolution ?

Chronique n°14 (février 2011)

Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prend la direction de la Bastille. Il veut mettre la main sur son arsenal. Le Marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, ne l'entend pas ainsi. Que voulez-vous, les nobles en ces temps troublés, n'entendait pas grand chose. Bref, le peuple de Paris règle son compte à l'effronté, le décapite, fixe la tête au bout d'une pique et se balade ainsi le long du palais royal. Dès qu'il apprend que la Bastille est tombé entre les mains des insurgés parisiens, le Duc de Liancourt en informe le Roi Louis XVI. Celui-ci lui demande : « Mais, c'est une révolte ? » ; et Liancourt de répondre au Roi : « Non Sire, c'est une révolution ! »

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La démocratie ? Oui, mais dans l’ordre et la discipline !

Chronique n°13 (février 2011)

Après la Tunisie, c’est l’Egypte qui est secouée depuis une semaine par la colère. La tension est forte, aussi forte que la répression, mais Hosni Moubarak semble pour l’heure toujours solidement accroché à son poste et bien peu désireux de céder son sceptre. Il peut visiblement s'appuyer encore sur de nombreux partisans, chose qui a fait totalement défaut à Ben Ali.
Tout le monde se réjouit de voir des peuples asservis, humiliés, habitués à courber l’échine et à parer les coups, soudainement se lever, crier leur ras-le-bol et réclamer le changement.

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Tunisie : du jasmin dans la révolution

Chronique n°12 (janvier 2011)

En février 1917, en Russie, le tsar a abdiqué. Face à une population en colère, éreintée par une misère qui la tenaillait, fatiguée d'une guerre qui n'en finissait plus, il a envoyé la troupe. Mais rien n'y a fait. Les grèves se sont multipliées, la colère s'est étendue et au sein de l'armée, des fractures sont apparues : des régiment entiers passèrent du côté des insurgés. Dès lors, le pouvoir, délégitimé, savait qu'il ne pouvait plus compter sur ses chiens pour se maintenir au pouvoir. Alors, le tsar a dissout l'assemblée, nommé un comité provisoire puis abdiqué.

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Tunisie, Algérie : qu'ils s'en aillent tous !

Chronique n°11 (janvier 2011)

Qu'est-ce que l'indécence ? C'est par exemple bâtir sa fortune en spéculant, tout en finançant parallèlement des projets humanitaires. C'est chanter contre la misère devant le bon peuple puis aller passer la nuit dans un hôtel de luxe pour se remettre de ses efforts. C'est manger bio, recycler ses déchets et rouler en quatre-quatre. C'est aussi verser des larmes de crocodile sur la misère du peuple tunisien après avoir passé des années à veiller à ne pas gêner aux entournures le président Ben Ali.

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