Le Monde comme il va

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lundi, juin 1 2020

Mes lectures de mai 2020

Victor Griffuelhes, Voyage révolutionnaire. Impressions d'un propagandiste, Rivière, 1907. --- L'état du syndicalisme français vu par un syndicaliste révolutionnaire. Anecdotique.
Jean-Yves Potel, Scènes de grèves en Pologne, Stock, 1981.
Jasper Becker, La grande famine de Mao - 30 à 50 millions de morts, Dagorno, 1998. --- Le grand Bond en avant dans l'horreur et le dogmatisme.
Denise Avenas, La pensée de Léon Trotsky, Privat, 1975.
Max Adler, Démocratie politique et démocratie sociale, Anthropos, 1970. --- Un classique de l'austromarxisme.
Le Mouvement social (Revue), n°141 (Les Prudhommes 19e-20e siècle), Editions ouvrières, 1987.
Critique sociale, Les rapports de force électoraux dans la République de Weimar, 2013.
Critique sociale, Les vies de Boris Souvarine, 2008. --- Résumé de la vie tumultueuse de Souvarine, communiste anti-stalinien, auteur d'une remarquable bio de Staline.
B. Nicolaïevski et O. Maenchen-Helfen, Karl Marx, Gallimard, 1937. --- Un classique. On peut lui préférer celles de Mehring et de Rühle.
Paul Lévy, Histoire du Laos, PUF, 1974. --- Histoire générale (compliquée !) et une dernière partie consacrée au Laos des années 1960-1970, laminé par les bombes américaines.
Monica Charlot, Le Parti travailliste britannique, Montchrestien, 1992. -- Histoire du Labour d'avant le blairisme. Mais le ver social-libéral était dans le fruit depuis des lustres...
Paul Bernetel, Les enfants de Soweto. L'Afrique du sud en question, Stock, 1977. --- Radiographie de l'Afrique du sud aux lendemains du massacre de Soweto.
Francisco Juliao, Cambao (le joug). La face cachée du Brésil, Maspéro, 1968. --- Témoignage du fondateur de la Ligue paysanne dans le Nordeste misérable
Hubert Perrier, L'anticommunisme et la chasse aux sorcières aux Etats-Unis (1946-1954), Didier Erudition, 1995.
Eugen Kogon / Hermann Langbein / Adalbert Rückerl, Les chambres à gaz secret d'Etat, Ed. de minuit, 1970. --- Livre incontournable sur le génocide des juifs et tziganes. Les abrutis qui n'ont pas "d'avis" parce qu'ils n'ont "rien lu" sur la question savent ce qu'il leur reste à faire.

mercredi, avril 1 2020

Mes lectures de mars 2020

Jérémie Lefranc, Cravirola. Une expérimentation politique alliant vie et travail, Editions du commun, 2020. --- Récit d'une expérience autogestionnaire en zone rurale.
Alternatives économiques, Hors-série n°120 (L'économie en 2020), Alter Eco, 2020.
Alternatives économiques, Hors-série n°119 (Quel monde en 2020 ?), Alter Eco, 2020.
Alternatives Sud (Revue), Asie : des pouvoirs et des luttes, Centre Tricontinental, 2019.
François Mégard, "Vous faites l'histoire !". Henri Chazé (Gaston Davoust), Henri Simon et quelques autres : correspondance 1 (1955-1962, de Socialisme ou barbarie à Informations correspondance ouvrières), Acratie, 2019. --- Si Chazé est décédé en 1984, Henri Simon continue à 98 ans à animer le bulletin Echanges et mouvement ! Cette correspondance (inégale, inévitablement) nous plonge dans le bain révolutionnaire des années 1950-1960.
Vanina, A bas le patriarcat ! Un regard communiste-libertaire, Acratie, 2018.
Alternatives économiques, La monnaie, HS n°45, 2000.
Anton Ciliga, Lénine et la révolution, Spartacus, 1948. --- Le regard critique sur la nature du régime soviétique de l'incontournable Ciliga.
Pierre du Bois, La guerre du Sonderbund. La Suisse de 1847, Editions Alvik, 2002. --- L'histoire de la guerre civile qui déchira la Confédération au nom de Dieu ou des Lumières.
Socialisme ou barbarie, Anthologie. Grèves ouvrières en France 1953-1957, Acratie, 1985. --- Textes importants pour appréhender le syndicalisme des années 1950.
Daniel Guérin, Le mouvement ouvrier aux Etats-Unis 1867-1967, Maspéro, 1968 --- Passionnante plongée dans l'histoire du syndicalisme US.
François Guedj et Stéphane Sirot (Textes réunis par), Histoire sociale de l'Europe. Industrialisation et société en Europe occidentale 1880-1970, Seli Arslan, 1997.


dimanche, mars 1 2020

Mes lectures de février 2020

Noam Chomsky, La lutte ou la chute ! Entretiens avec Emran Feroz, Lux, 2020. --- Un court opuscule dans lequel Chomsky répète ce qu'il dit depuis longtemps. Anecdotique.
Henry David Thoreau, La désobéissance civile. Plaidoyer pour John Brown, Climats, 1992 --- Deux courts textes cinglants contre la servitude et le conformisme.
Itziar Madina Elguezabal et Sales Santos Vera, Communautés sans Etat dans la Montagne basque, Ed. du Temps perdu, 2014. --- Sur le fonctionnement des sociétés basques des montagnes (et réflexion sur les luttes contemporaines s'ancrant sur un territoire).
P.-L. Tomori, Qui succèdera au capitalisme ? Du paradoxe tragique de Lénine à L'Ere des organisateurs, Spartacus, 1947. --- Sur la nature de l'URSS.


mercredi, janvier 29 2020

Mes lectures de janvier 2020

Matthew Desmond, Avis d'expulsion. Enquête sur l'exploitation de la pauvreté urbaine, Lux, 2019. --- Excellente enquête ethnographique sur la misère dans les ghettos, la gestion du logement aux States et une certitude : le ghetto (et ses pauvres), ça rapporte quand on est loueur de biens immobiliers. A lire !
Claire Richard, Young Lords. Histoire des Black Panthers latinos (1969-1976), L'Echappée, 2017. --- Passionnante plongée polyphonique dans l'histoire des "BP" porto-ricains.
Elen Le Chêne, La fabrique de l'asile sans le droit à l'asile. La gestion différentielle des exilés "non européens" en Turquie, FASOPO, 2019. --- Comment l'Etat turc gère les "migrants"...
Gabriel Martinez-Gros, L'Empire islamique VIIe-XIe siècle, Passés/Composés, 2019. --- L'histoire de l'expansion arabe revisitée à partir des écrits d'Ibn Khaldun et de sa grille de lecture singulière (l'opposition sédentaires/nomades, rôle de l'impôt...).
Léo Löwenthal et Norbert Guterman, Les prophètes du mensonge. Etude sur l'agitation fasciste aux Etats-Unis, La Découverte, 2019. --- Traduction française d'un classique (1949) de la sociologie US (la célèbre école de Francfort) qui décrypte le discours des agitateurs fascistes/populistes américains des années 1930-1940.
Mark Fortier, Mélancolies identitaires. Une année à lire Mathieu Bock-Côté, Lux, 2020. --- Un livre centré davantage sur l'air du temps que sur la pensée réactionnaire de MBC.
Jérôme Tubiana, La "transition" soudanaise vue de ses périphéries, Observateur Afrique de l'Est, 2019. --- Pour mieux comprendre le Soudan contemporain et les affrontements en cours (Etat, armée, milices, guérillas...).
Les Utopiques (Cahiers de réflexions), n°12 (Pour une protection sociale du 21e siècle), Syllepse/Solidaires, 2020.
Ben Reitman, Boxcar Bertha. Une autobiographie recueillie, 10/18, 1996. --- Alors que le film de Scorsese sur cette célèbre hobo ressort sur les écrans, j'ai relu la bio que lui a consacrée Ben Reitman. Rien de transcendant. On peut/doit lui préférer le Nels Anderson "Le hobo, sociologie du sans-abri" sorti en 1923.
Thornike Gordadze, Géorgie : un nationalisme de frontière, FASOPO, 2005. --- Une plongée dans l'histoire longue et récente de ce pays du Caucase. De la difficulté de se définir comme "géorgien" (langue, religion...).
Louis Ménard, Prologue d'une révolution. Février-juin 1848, La Fabrique, 2007. --- Témoignage très fort d'un témoin de la Révolution de 1848 et de sa violence finale : "On aurait pu nourrir tous les ouvriers de Paris pendant un an avec l'argent qu'on dépensa pour les fusiller".
René Mouriaux, Quarante ans d'histoire de la CFDT (1964-2004), Institut CGT d'histoire sociale, 2004. --- Pour mieux saisir les évolutions politiques et doctrinales de la centrale syndicale.
Laurent Batsch et Michel Bouvet, CGT, autour de la scission de 1921. La Charte d'Amiens, les rapports parti-syndicat, unité et démocratie syndicales, La Brêche, 1983. --- La CGT à l'heure des règlements de compte et des révisions doctrinales.
René Mouriaux, La CGT, Seuil, 1982. --- Un classique. Synthèse de l'histoire mouvementée de la centrale syndicale des années 1890 à l'arrivée de la gauche au pouvoir.
Patrick de Laubier, 1905 : mythe et réalité de la grève générale. Le mythe français et la réalité russe, Editions universitaires, 1989.
Emile Témime, La Guerre d'Espagne. Un événement traumatisme, Complexe, 1996.

Mélancolies identitaires. Une année à lire Mathieu Bock-Côté

Mark Fortier
Mélancolies identitaires. Une année à lire Mathieu Bock-Côté
Lux, 2020.

A quoi m'attendais-je en me procurant ce livre ? A rire. A me gausser de la pensée vermoulue de cet intellectuel médiatique québécois, fort connu du côté du Saint-Laurent, mais aussi, l'ai-je appris, à Paris, où on accueille volontiers sa prose.

Je m'attendais donc à un pamphlet cinglant, sarcastique, d'autant que le sous-titre du livre fleurait bon le récit d'explorateur à grand tirage : certains affrontent l'Everest à mains nues, s'enfoncent dans la jungle en short à fleurs, d'autres lisent... Mathieu Bock-Côté (MBC) ; à chacun son Graal ! Raté… Je me suis dit alors que l'auteur s'était mis dans les pas d'un Gérard Noiriel s'employant, brillamment, à déchiffrer Zemmour et le zemmourisme dans Le venin dans la plume ? Pas vraiment : « Ce livre n'est pas une analyse de ses discours. Ce n'est pas non plus un pamphlet » prévient Marx Fortier, dès l'introduction. Alors qu'est-ce ?
C'est un essai sur le monde contemporain, un monde capable de produire des MBC, ce « Zemmour à visage humain », comme têtes de gondole intellectuelles. Car, à entendre certains, MBC est un penseur majeur de notre temps, qui n'a d'yeux que pour le travail (en tant que producteur de patrimoine individuel), la famille (traditionnelle), la patrie (ethnoconfessionnelle et francophone)... et De Gaulle, incarnation du Père et du Grand Homme (qui fait l'histoire, seul, évidemment).

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Dans le monde médiatique tel qu'il est aujourd'hui industriellement structuré, MBC est un bon client, car il pense à la façon d'un éditorialiste, autrement dit il produit du commentaire politique clivant. MBC pleure un monde qui n'est plus, si tant est qu'il le fut un jour, un monde où tout était à sa place : l'homme au travail, la mère au foyer, l'église au centre du village, et la francophonie aussi blanche que les premières neiges d'automne. Il clame, aux heures de grande écoute et sur tous les plateaux, qu'il est la voix d'un peuple bâillonné par des décennies de gauchisme culturel, de « politiquement correct » et de médias aux ordres. Il est la voix des sans-voix et il parle à leur place. Il se pose en prophète1, mais un prophète qui n'aurait pas grand-chose à dire : car « il est difficile de comprendre MBC, nous dit l'auteur, tant l'effort de ne pas dire les choses est gigantesque chez lui ». Certes, quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup, mais comme Mark Fortier le souligne, « les mouvements souterrains de la société, lents et difficiles à percevoir, échappent totalement à son attention », de même que la question des classes sociales ou du néolibéralisme ; ce qui est pour le moins singulier pour un… sociologue de formation ! Pour MBC, tout n'est qu'affaire de grands hommes (« En politique, je préfère les grands egos aux petits égaux » écrit-il), de (sainte) famille et de Nation mises en péril par le métissage et les funestes désirs émancipateurs des uns et des autres (maudit Mai 68 !) : dans ce schéma culturaliste (Nous contre Eux), les rapports sociaux de production n'ont pas leur place car ils érodent la puissance symbolique du Nous.

Notre monde va mal et MBC en est l'un des symptômes. Les replis identitaires accompagnent le néolibéralisme, les vendeurs de peur prospèrent, opposant aux bouleversements la nécessaire défense de cultures « authentiques », imperméables et a-dynamiques. Si l'auteur avoue ne pas avoir « compris quel est ce monde (que MBC) désire si violemment conserver », une partie de la réponse repose peut-être dans ces mots de Jean-François Bayart : « Au lieu d'exprimer le génie des « peuples » lové au plus profond de leur « culture populaire » - comme le veut la fable culturaliste -, les stratégies identitaires trahissent l'appétit d'élites nouvelles en mal d'intégration, de pouvoir et de richesse »2.


Notes :
1. Léo Löwenthal et Norbert Guterman, Les prophètes du mensonge. Etude sur l'agitation fasciste aux Etats-Unis, La Découverte, 2019.
2. Jean-François Bayart, L'illusion identitaire, Fayart, 1996, p. 95.

samedi, janvier 4 2020

Lectures 2019

Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France, Libertalia, 2017.
Masclet/MIsset/Poullaouec (sldd), La France d'en bas ? Idées reçues sur les classes populaires, Le Cavalier bleu, 2019.
Frédéric Lordon, Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent..., La Fabrique, 2019.
Manière de voir (Revue), Le peuple des ronds-points. Gilets jaunes et autres soulèvements, Le Monde diplomatique, 2019.
L'Economie politique (Revue), n°84 (Les migrations au-delà des fantasmes), Alternatives économiques, 2019.
Echanges (Bulletin), n°168, Eté 2019.
Alternatives Sud (Revue), Les nouveaux territoires de l'agrobusiness, Centre Tricontinental, 2019.
L'Economie politique (Revue), n°82 (Réveiller l'Europe), Alternatives économiques, 2019.
Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République, La Découverte, 2019.
François Gault, Trois grèves, Paris, Calmann-Lévy, 1971.
Claude Angeli et Nicolas Brimo, Une milice patronale : Peugeot, Maspéro, 1975.
Malcolm Menzies, Makhno, une épopée. Le soulèvement anarchiste en Ukraine (1918-1921), Belfond, 1972.
Pierre Teruel, 100e anniversaire de Lénine. Du Parti bolchevik au panzer-communisme, Unir-Débat, 1970.
René Berthier, De l'écrasement de la Commune à l'effondrement de l'Internationale marxisée, Cercle d'études libertaires GL, 2014.
René Berthier, Bakounine, Dieu et la religion, Cercle d'études libertaires GL, 2014.
René Berthier, L'héritage 1899-1914, Cercle d'études libertaires GL, 2014
Sophie Wahnich, La liberté ou la mort. Essai sur la Terreur et le terrorisme, La Fabrique, 2003.
Alberto Prunetti, Amianto. Une histoire ouvrière, Agone, 2019. --- Ma chronique.
Moyen-Orient (Revue), n°44 (Tunisie. Un destin démocratique ?), 2019.
Annie Thébaud-Mony, Travailler peut nuire gravement à votre santé. Sous-traitance des risques..., La Découverte, 2006.
Dan et Martov, La dictature du prolétariat, Ed. de la Liberté, 1947.
Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple, Seuil, 1993.
Pierre Monatte, Lettres d'un syndicaliste sous l'uniforme 1915-1918. Lettres choisies et annotées par Julien Chuzeville, Smolny, 2018.
Ancelovici/Mouterde/Chalifour/Trudeau, Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme, Ecosociété, 2019. - Ma chronique
Murray Bookchin, Changer sa vie sans changer le monde. L'anarchisme contemporain entre émancipation individuelle et révolution sociale, Agone, 2019.
David Shub, Lénine, Gallimard, 1972.
Christophe Jaffrelot et Jules Naudet, Justifier l'ordre social, PUF, 2013.
Alain Ruscio, Le credo de l'homme blanc. Regards coloniaux français 19e-20e siècles, Complexe, 1995.
Christophe Jaffrelot, Inde, l'envers de la puissance. Inégalités et révoltes, CNRS Editions, 2012.
Emmanuel Henry, Amiante, un scandale improbable. Sociologie d'un problème public, PUR, 2007.
Eric Maurin, La fabrique du conformisme, Seuil, 2015.
Christophe Jaffrelot, Dr Ambedkar. Leader intouchable et père de la Constitution indienne, Presses de Science Po, 2000.
Ernest Mandel, La formation de la pensée économique de Karl Marx, Maspero, 1972.
Aline Helg, Plus jamais esclaves ! De l'insoumission à la révolte, le grand récit d'une émancipation (1492-1838), Le Découverte, 2016.
Claudie Weill, Marxistes russes et social-démocratie allemande 1898-1904, Maspero, 1977.
Louis Couturier, Les "grandes affaires" du Parti communiste français, Maspero, 1972.
Jean-Michel Berthelot, La construction de la sociologie, PUF, 1991.
Cajo Brendel et Henri Simon, De l'anti-franquisme à l'après franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1978.
David Roediger, Le salaire du Blanc. La formation de la classe ouvrière américaine et la question raciale, Syllepse, 2018.
Dimitri de Boissieu, Bolivie : l'illusion écologiste, Ecosociété, 2019.
Nicos Poulantzas, La crise des dictatures. Portugal, Grèce, Espagne, Seuil, 1975.
Christian Laval et alii, La nouvelle école capitaliste, La Découverte, 2011.
Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter, Gallimard, 1974.
Mark Cohen, Sous le Croissant et sous la Croix. Les Juifs au Moyen Age, Seuil, 2008.
Eldridge CLeaver, Sur la révolution américaine. Conversation d'exil avec Lee Lockwood, Seuil, 1970.
Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, Les créationnismes. Une menace pour la société française ?, Syllepse, 2008.
Gordon Golding, Le Procès du singe. La Bible contre Darwin, Complexe, 2006.
Victor-Daniel Bonilla, Serfs de Dieu et maîtres d'Indiens. Histoire d'une mission capucine en Amazonie, Fayard, 1972.
Patrick Braun et Jean Sanitas, Le Birobidjan. Une terre juive en URSS, Laffont, 1989.
Johann Most, La peste religieuse, Partage noir, 2010.
Collectif, Société et répression sexuelle. L'oeuvre de Wilhelm Reich, Liaison 20, 1968.
John Zerzan, Un conflit décisif. Les organisations syndicales combattent le révolte contre le travail, Echanges, 1975.
Lionel Richard, Le nazisme et la culture, Maspéro, 1978.
Hao Ren, Zongjin Li, Eli Friedman, La Chine en grève. Récits de résistance ouvrière, Acratie, 2018.
Anna Trespeuch-Berthelot, Guy Debord ou l'ivresse mélancolique, Le Manuscrit, 2017.
Les Utopiques (Cahier de réflexions), n°11 (Gilets jaunes, autour d'une crise sociale), US Solidaires, 2019.
Alternatives Sud, Etat des luttes Moyen-Orient et Afrique du nord, Centre tricontinental, 2018.
Alternatives Sud, Quêtes d'industrialisation au sud, Centre tricontinental, 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°43 (Bilan géostratégique 2019 : la fin de Daech ?), 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°42 (Afghanistan? Blessures de guerres, espoirs de paix), 2019.
L'Economie politique (Revue), n°83 (Quel avenir pour l'Etat-providence ?), Alternatives économiques, 2019.
Willy Gianinazzi, André Gorz. Une vie, La Découverte, 2019.
Edouard Lynch, Insurrections paysannes. De la terre à la rue, usages de la violence au XXe siècle, Vendémiaire, 2019.
Eric Hoesli, L'Epopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, Ed. des Syrtes, 2018.
Gérard Noiriel, Les Gilets jaunes à la lumière de l'histoire. Dialogue avec Nicolas Truong, Le Monde/L'aube, 2019.
Collectif, Les marxistes contre l'autogestion. Recueil d'analyses, d'articles et de documents écrits de 1962 à 1974 pour combattre l'intoxication autogestionnaire, SELIO, 1974.
Jean-Michel Ronda, Petit bréviaire syndical et politique, L'Insomniaque, 2005.
Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, Rwanda, racisme et génocide. L'idéologie hamitique, Belin, 2016.
Ermanno Olmi, Enfant de faubourg, UGE, 1994.
Collectif, Réforme agraire au Maghreb. Colloque sur les conditions d'une véritable réforme agraire au Maroc, Maspéro, 1963.
Marc Hillel, Le massacre des survivants. En Pologne 1945-1947, Plon, 1985.
Osvaldo Bayer, Les anarchistes expropriateurs, ACL, 1995.
Philippe Vigier, La Monarchie de juillet, PUF, 1972.
Maurice Pianzola, Thomas Munzer ou la guerre des paysans, Ed. Héros-Limite, 2015
Pierre-Frédéric Charpentier, Les intellectuels français et la guerre d'Espagne. Une guerre civile par procuration (1936-1939), Editions du Félin, 2019. - Ma chronique
Louis Janover, Le testament de Lénine et l'héritage de Rosa Luxemburg, Smolny, 2018.
Alternatives Sud (Revue), Etat des résistances dans le Sud : Afrique, Centre tricontinental, 2019.
Gilles Dorronsoro, Le reniement démocratique. Néolibéralisme et injustice sociale, Fayard, 2019.
Janet Biehl, Ecologie ou catastrophe. La vie de Murray Bookchin, l'Amourier, 2018.
Michel Hébert, La voix du peuple. Une histoire des assemblées au Moyen Age, PUF, 2018.
Pierre Kende et Krzysztof Pomian (sous la direction), 1956 Varsovie-Budapest. la deuxième révolution d'Octobre, Esprit, 1976.
A. L. Morton et George Tate, Histoire du mouvement ouvrier anglais, Maspero, 1963.
Giovanni Zanoletti, "Le Djihad de la vache" au Mali. Deux (ou trois) choses que je sais de lui..., FASOPO, 2019.
Laurent Gayer, Qui gardera les gardiens ? Sécurité industrielle et production d'incertitude à Karachi, Etudes du CERI n°213, 2019.
Jill Liddington et Jill Norris, Histoire des suffragistes radicales. Le combat oublié des ouvrières du nord de l'Angleterre, Libertalia, 2018.
Charles Gide, Premières notions d'économie politique, Albin Michel, sd.
Politique africaine (Revue), n°151 (Gouverner par la fiscalité), Karthala, 2018.
Echanges (Bulletin), n°160, Echanges et mouvement, 2017.
Cahier d'histoire immédiate (Revue), Comprendre le 21e siècle (1991-2011), Université de Toulouse II, 2012.
Yves Meunier, La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885), L'Echappée, 2017.
Alternatives économiques, n°HS 117 (L'économie en 2019), Alternatives économiques, 2019.
Eric Berr et Léonard Moulin, "En marche" vers la destruction de l'université, Les Economistes atterrés, 2018.
Mohamed-Ali Adraoui, Les Etats-Unis et l'islam politique. Composer avec les Frères musulmans égyptiens dans les révolutions arabes, 2016.
Fariba Adelkhah, Elections et notabilités en Iran. Une analyse du scrutin législatif de 2016 dans quatre circonscriptions, Etudes du CERI n°230, 2017.
Noureddine Amara, Des histoires de petits riens. Les Algériens, des étrangers de contrebande : Rif et Jbala dans les années 1920, FASOPO, 2018.
Moussa Tchangari, Sahel : aux origines de la crise humanitaire. Conflist armés, crise de la démocratie et convoitises extérieures, Alternatives Espaces Citoyens, 2018.
Alain Bihr, 1415-1763, le premier âge du capitalisme. Tome 1 : l'expansion européenne, Syllepse, 2018.
Alain Demurger, Temps de crises, temps d'espoir. 14-15e siècle, Seuil, 1990.
Florence Brisset-Foucault, La cité radiophonique. Démocratie de chantier, domination technocratique et patriotisme bureaucratique en Ouganda, FASOPO, 2016.
Nancy Fraser, Sur les contradictions sociales du capitalisme contemporain : de la famille, du féminisme et de leurs relations avec le néo-libéralisme, Conférence Marc-Bloch, 2016.
Gilles Vandal, Donald Trump et la déconstruction de l'Amérique, Athéna Editions, 2018. --- Voir ma chronique.
Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, La Fabrique, 2018.
Frédéric Barbe, La Beaujoire, enquête sur un coup d'Etat urbain, A la criée, 2018.
Maurice Dommanget, Eugène Varlin (1839-1871), La Ruche ouvrière, 1976.
Nigel Barley, Un anthropologue en déroute, Payot, 2001.
Alain Accardo, Initiation à la sociologie de l'illusionnisme social, Le Mascaret, 1983.
Mahmout Makal, Un village anatolien. Récit d'un instituteur paysan, Plon/Terre humaine, 1963.
Christophe Charle, Histoire sociale de la France au XIXe siècle, Seuil, 1991.
Armand Cuvillier, L'Atelier, un journal d'ouvriers 1840-1850, Editions Ouvrières, 1954.
Gilles Candar et Guy Dreux, Une loi pour les retraites. Débats socialistes et syndicalistes autour de la loi de 1910, Le Bord de l'eau, 2010.
Jean-Claude Caron, L'été rouge. Chronique de la révolte populaire en France (1841), Aubier, 2002.
Manus McGrogan, Tout ! Gauchisme, contre-culture et presse alternative dans l'après-Mai 68, L'Echappée, 2018.
Moyen-Orient (Revue), n°40 (Algérie, un régime en panne, une société en éveil), 2018.
François Audigier et Pascal Raggi (sous la direction de), Les syndicats face à la violence militante des années 1980 à nos jours, Riveneuve, 2018.
Politique africaine (Revue), n°150 (Cameroun, l'Etat stationnaire), Karthala, 2018.
Alternatives économiques, Quel monde en 2019 ?, Hors-série, 2019.
Howard Fast, Mémoires d'un rouge, Agone, 2018.
Anne de Tinguy (sous la direction de), Regards sur l'Eurasie. L'année politique 2017, Etudes du CERI n°235-235, 2018.
Jean-Louis Rocca, Le récit de vie d'une génération : la trajectoire de Chinois nés avec la Chine socialiste, Etudes du CERI n°238, 2018.
Survie (Association), Cinq guerres pour un empire. L'interventionnisme militaire français en Afrique 2011-2016, Survie, 2017.
Miao Chi, Olivier Dard (sous la direction de), La Révolution culturelle en Chine et en France, Riveneuve Editions, 2017.
Echanges (Bulletin), n°165 (automne 1968), Echanges et mouvement, 2018.
Gabor Tamas Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques. Tensions sociales et conflits politiques en URSS 1933-1953, EAC, 1988.
Guy Bourdé, La défaite du Front populaire, Maspero, 1977.
Daniel Guérin, Sur le fascisme : la peste brune, Maspero, 1969.

mercredi, janvier 1 2020

Mes lectures de décembre 2019

Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire. La création du Parti communiste en France, Libertalia, 2017.
Masclet/MIsset/Poullaouec (sldd), La France d'en bas ? Idées reçues sur les classes populaires, Le Cavalier bleu, 2019.
Frédéric Lordon, Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent..., La Fabrique, 2019.
Manière de voir (Revue), Le peuple des ronds-points. Gilets jaunes et autres soulèvements, Le Monde diplomatique, 2019.
L'Economie politique (Revue), n°84 (Les migrations au-delà des fantasmes), Alternatives économiques, 2019.
Echanges (Bulletin), n°168, Eté 2019.
Alternatives Sud (Revue), Les nouveaux territoires de l'agrobusiness, Centre Tricontinental, 2019.
L'Economie politique (Revue), n°82 (Réveiller l'Europe), Alternatives économiques, 2019.
Gérard Noiriel, Le venin dans la plume. Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République, La Découverte, 2019.
François Gault, Trois grèves, Paris, Calmann-Lévy, 1971.
Claude Angeli et Nicolas Brimo, Une milice patronale : Peugeot, Maspéro, 1975.
Malcolm Menzies, Makhno, une épopée. Le soulèvement anarchiste en Ukraine (1918-1921), Belfond, 1972.
Pierre Teruel, 100e anniversaire de Lénine. Du Parti bolchevik au panzer-communisme, Unir-Débat, 1970.
René Berthier, De l'écrasement de la Commune à l'effondrement de l'Internationale marxisée, Cercle d'études libertaires GL, 2014.
René Berthier, Bakounine, Dieu et la religion, Cercle d'études libertaires GL, 2014.
René Berthier, L'héritage 1899-1914, Cercle d'études libertaires GL, 2014
Sophie Wahnich, La liberté ou la mort. Essai sur la Terreur et le terrorisme, La Fabrique, 2003.

dimanche, décembre 1 2019

Mes lectures de novembre 2019

Alberto Prunetti, Amianto. Une histoire ouvrière, Agone, 2019. --- Ma chronique.
Moyen-Orient (Revue), n°44 (Tunisie. Un destin démocratique ?), 2019.
Annie Thébaud-Mony, Travailler peut nuire gravement à votre santé. Sous-traitance des risques..., La Découverte, 2006.
Dan et Martov, La dictature du prolétariat, Ed. de la Liberté, 1947.
Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple, Seuil, 1993.

lundi, novembre 11 2019

Amianto. Une histoire ouvrière

Alberto Prunetti
Amianto. Une histoire ouvrière
Agone, 2019

Je pourrais résumer ce livre en une poignée de mots en forme d'épitaphe : « Renato Prunetti (1945-2004). Ouvrier, il en est mort. »
Alberto Prunetti a pris la plume pour parler de son père, pour écrire « l'histoire ouvrière d'un type quelconque » étouffé par la machine. Renato n'était pas un de ces prolétaires happés par les grandes concentrations industrielles de Turin et d'ailleurs, ouvrier-masse soumis au chronométreur et à la froide discipline usinière. Renato était un ouvrier qualifié, soudeur-tuyauteur, fier de son savoir-faire et tout aussi fier que son fils échappe, par les études, à un avenir qui semblait tout tracé : étudier pour ne pas avoir à travailler plus tard…

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Renato le Livournais, un peu bagarreur, un peu fort-en-gueule, fan de football (qui ne l'était pas dans l'Italie ouvrière ?), syndicaliste de base, anticlérical affirmé, était un trimardeur, un ouvrier détaché. La moitié de son temps de travail, il le passait loin de chez lui, sur tous les chantiers qui requerraient ses compétences. Travail dur, salissant et qui peut tuer. A petit feu. Car Renato en a bouffé de ces poussières et particules. Il a bouffé de l'amiante, sans savoir que cette fibre, ce « serial killer » qu'il avait croisé à Casale Monferrato, Piombino et ailleurs, emprisonnait lentement mais sûrement ses poumons. Il savait que le labeur ouvrier s'en prendrait à son ouïe, ses yeux, son dos ; il ne se doutait pas qu'une tumeur le frapperait à 57 ans, après quatre ans de retraite. Renato n'était pas naïf, il avait eu en mains des tracts syndicaux et en fin de carrière, lui, le militant, s'était mobilisé pour épargner aux jeunes ouvriers d'être exposés comme il le fut aux substances chimiques, toxiques.
En 2004, Renato s'éteint, comme tant d'autres, victime de l'amiante, après deux années de souffrances. Pour la famille vient le temps du deuil puis celui du combat pour faire reconnaître le caractère professionnel de la maladie l'ayant frappé ; combat qui rend le deuil impossible. Pot de terre contre pot de fer. Contre les médecins et le patronat, murailles froides, incontournables. Puis vient le procès en septembre 2011. Epreuve surprenante et stupéfiante : six secondes pour s'entendre dire que l'affaire a été réglée en amont, que la famille recevra une indemnisation pour solde de tout compte. Six secondes et au suivant ! Six secondes pour un « type quelconque » qui a mené « une vie à risque, pleine d'ennui » et qui en est mort, dans l'indifférence générale. Toute la violence du système capitaliste tient en ces six secondes.

dimanche, novembre 10 2019

Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme

Marcos Ancelovici, Pierre Mouterde, Stéphane Chalifour, Judith Trudeau
Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme
Ecosociété, 2019.

Pour aborder ce livre et en discuter l'intérêt, je suggère de commencer la lecture à la page 159 par ces quelques mots de Pierre Mouterde, militant socialiste québecois. En une page, il nous dit trois choses : « On vit dans un monde où, comme jamais, on a besoin de révolutions » ; « La nécessité que nous avons de devoir collectivement agir vite » ; « On n'a jamais été aussi loin de la possibilité effective de mener aujourd'hui une véritable révolution. » Amer constat.
Pierre Mouterde le socialiste et Marcos Ancelovici le libertaire : deux militants de générations différentes (le premier a fait 68, le second est né en 1971) à qui les Nouveaux cahiers du socialisme de Chalifour et Trudeau ont proposé de dialoguer. Dialoguer pour voir si l'on peut concilier l'inconciliable et réconcilier ce que l'Histoire a déchiré tant de fois.
L'ambition n'est pas nouvelle. A la fin du 19e siècle, Merlino entra dans une vive polémique avec Malatesta à propos de l'abstentionnisme. Dans les années 1920, synthésistes et plateformistes s'affrontèrent violemment sur les questions organisationnelles. Dans les années 1960, Daniel Guérin se mit en tête de faire la synthèse entre le marxisme révolutionnaire et l'anarchisme social. Plus récemment, Besancenot et Lowy ont évoqué les « affinités électives » entre les deux courants1. J'aurais pu y ajouter les violentes polémiques qui secouèrent le « marxisme » tout au long du 20e siècle, et évoquer aussi bien Georges Sorel qu'Antonio Gramsci, Pannekoek que Poulantzas, Castoriadis, les conseillistes que les situationnistes qui tous, à leur façon et dans la dissonance, questionnèrent le rôle et la forme du parti, la rupture révolutionnaire ou encore le crétinisme parlementaire.
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Le dialogue est courtois car les deux militants sont désireux de faire « cause commune », de trouver les chemins d'une convergence qui ne soit pas tactique et instrumentale. Il l'est d'autant plus que « nous sommes hantés par les solutions politiques du passé » (Mouterde) alors que le monde a été profondément bouleversé depuis une poignée de décennies, autrement dit depuis les mouvements sociaux révolutionnaires/transgressifs des années 1960-1970. Tout le monde en est donc au même point et se pose les mêmes questions : l'ouvrier (celui des grandes concentrations industrielles) demeure-t-il le sujet révolutionnaire par excellence alors que la fragmentation du salariat a liquidé son homogénéité (d'ailleurs plus fantasmée que réelle) ? Les pratiques assembléistes sont-elles de nature à régler la question des relations de domination au sein des mouvements de masse ? Comment intégrer les problématiques intersectionnelles/identitaires sans satelliser la question des classes sociales ? Face à l'individualisme, peut-on se référer au « peuple » et à la nation2 ? Quid de la violence ou de la contre-violence populaire ?
Des questions donc, des réponses et des interrogations, et surtout un sentiment relevé par Chalifour et Trudeau : « Personne aujourd'hui ne prétend détenir la ligne juste ». Sentiment qui pourrait laisser penser que nous serions entrés dans un « nouvelle ère de la gauche, une gauche à la fois plus ouverte, mais aussi moins assurée », une gauche à la fois utopique et réaliste qui, pour le dire avec ces mots de 1922 de l'anarchiste italien Camillo Berneri, grefferait « des vérités nouvelles sur le tronc de ses vérités fondamentales, tout en sachant tailler ses vieilles branches. »3 Y'a plus qu'à...

Notes
1. Pour une critique non de la démarche mais de son contenu, lire René Berthier, Affinités non électives. Pour un dialogue sans langue de bois entre marxistes et anarchistes, Editions du Monde libertaire, 2015.
2. La question nationale fut centrale et demeure importante au Québec.
3. Camillo Berneri, Oeuvres choisies, Editions du Monde libertaire, 1988, p. 67-71. Berneri évoquait ici le mouvement anarchiste dont il critiquait l'immaturité, s'en prenant à la « mentalité mesquine et paresseuse de beaucoup de camarades qui trouvent plus commode de ruminer l'enseignement des maîtres que de s'engager dans les problèmes vastes et compliqués de la question sociale telle qu'elle apparaît aujourd'hui. »

samedi, novembre 9 2019

Les intellectuels français et la guerre d'Espagne

Pierre-Frédéric Charpentier
Les intellectuels français et la guerre d'Espagne. Une guerre civile par procuration (1936-1939)
Editions du Félin, 2019, 696 p.

Il est des coquilles plus éclairantes que d'autres : « La bataille fait rage dans tous les lecteurs » nous dit ainsi Le Mercure de France du 15 décembre 1937 ; coquille relevée par l'auteur pour qui elle illustre à quel point la guerre d'Espagne a passionné et tourmenté les esprits de ce côté-ci des Pyrénées. Je ne suivrai cependant pas Geneviève Tabouis affirmant en 1942 « qu'autour de la question d'Espagne, il se créa, dans notre pays, pour la première fois une division profonde entre Français. Une sorte de véritable guerre civile sourde et sournoise plana alors sur la vie de la nation. » ; c'est oublier à quel point l'affaire Dreyfus vît s'affronter, violemment, deux France et deux intelligentsia. Mais il était sans doute difficile d'évoquer le Capitaine dans la France du Maréchal…
La bataille fit rage, oui, et chacun fut sommé de prendre parti. S'appuyant sur une solide bibliographie, Pierre-Frédéric Charpentier nous met dans les pas de ces intellectuels, journalistes, pamphlétaires, artistes qui, depuis Paris ou la Péninsule, défendent leur Espagne : la républicaine, rouge et noire, indocile, généreuse et utopique ; la cléricale, austère où chacun reste à sa place, condition sine qua non pour éviter que la sauvagerie ne l'emporte.
Ils ont pour noms André Malraux, Paul Nizan, Simone Weil, Benjamin Péret, Georges Soria, Robert Louzon ou encore Pierre Brossolette. Ils sont marxistes de toutes écoles, anarchistes, syndicalistes révolutionnaires. Ils s'appellent Lucien Rebatet, Georges Oudard, Paul Claudel, Charles Maurras ou encore Bertrand de Jouvenel. Monarchistes, anti-communistes, catholiques, antisémites, tout le spectre de la droite fait corps pour conspuer l'Espagne rouge. Certains ont agi par la plume, d'autres par les armes, d'autres encore firent les deux et parfois y perdirent la vie au nom d'une Espagne dans laquelle ils investissaient leurs espérances politiques.
Deux camps et deux visions inconciliables. Les Golpistes ? Ils ne sont que l'expression armée d'une Espagne refusant la dictature des rouges, car c'est l'avenir de la Civilisation chrétienne qui se joue à Barcelone et Madrid. Les Franquistes ? Des factieux, défenseurs d'une Espagne réactionnaire, alliance du sabre et du goupillon, liquidant au besoin gueux des champs et prolétaires indociles. Chacun défend son camp sans céder un pouce de terrain à l'adversaire.
A droite et à l'extrême droite, on oppose le pays « réel » au pays « légal », ce « Frente crapular » soutenu par les brigands et les brutes. Pour preuves, ces incendies d'églises, ces meurtres de curés et de nonnes, ces squelettes que l'on expose. Terreur rouge, donc. Mais que penser de Guernica ou de ces deux mille prisonniers républicains liquidés un 15 août à Badajoz ? Cette « terreur blanche », le pieux Mauriac, Bernanos, Maritain la refusent, et François Veuillot (La Croix) s'indigne : « Ce n'est pas ainsi que l'on fait triompher la religion ». Rares dissidences à droite, mais tout aussi rares furent celles qui, à gauche, condamnèrent les exactions commises par le camp républicain à Valence, Barcelone ou ailleurs…

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Déchirement à droite, fractures à gauche. La première, immédiate : peut-on sans réagir laisser la république espagnole succomber sous les coups des séditieux ? Très vite, Léon Blum tranche : pour sauver la paix, il faut sacrifier l'Espagne ; la non-intervention fracture la gauche. Autre motif puissant de dissensus : l'implication du Komintern (via les Brigades internationales ou la vente d'armes) dans le conflit. Certains applaudissent le soutien soviétique quand d'autres fustigent le poids des « moscoutaires » dans le gouvernement et leur politique de neutralisation des anarcho-syndicalistes et des « trotskystes » du POUM. Conflit idéologique qui prend un tour militaire et tragique en mai 1937 dans les rues de Barcelone. Soulignons que les collectivisations agraires, la reprise en mains des usines ne semblent guère avoir motivé les intellectuels car l'auteur n'en parle pas ou fort peu ; il faut y voir sans doute le faible poids des libertaires sur la scène médiatique…

Maurras peut aller parader en Espagne. La république, cette gueuse sous contrôle bolchevik, est en sursis. Madrid se soumet, l'avancée franquiste pousse des centaines de milliers de personnes à fuir et tenter de franchir les Pyrénées. La gauche plaide pour que la France accueille les vaincus, la droite triomphante exige que l'on fasse le tri afin de se préserver de la canaille.
Car la droite a gagné cette « guerre civile par procuration ». Mais ce fut, nous dit l'auteur en conclusion de cette imposante synthèse, une victoire sans lendemain car la mémoire collective n'a retenu de ces trois ans de sang et de larmes que les œuvres d'un Malraux, Hemingway, Orwell ou Picasso… au point de laisser penser que la France d'alors fut unanime à défendre la liberté.

Note de lecture publiée dans le n°1087-1088 (11/2019, Spécial Joseph Roth et Adalbert Stifter) de la revue littéraire mensuelle Europe.

jeudi, octobre 31 2019

Mes lectures d'octobre 2019

OCTOBRE 2019
Pierre Monatte, Lettres d'un syndicaliste sous l'uniforme 1915-1918. Lettres choisies et annotées par Julien Chuzeville, Smolny, 2018.
Ancelovici/Mouterde/Chalifour/Trudeau, Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme, Ecosociété, 2019. - Ma chronique
Murray Bookchin, Changer sa vie sans changer le monde. L'anarchisme contemporain entre émancipation individuelle et révolution sociale, Agone, 2019.
David Shub, Lénine, Gallimard, 1972.
Christophe Jaffrelot et Jules Naudet, Justifier l'ordre social, PUF, 2013.
Alain Ruscio, Le credo de l'homme blanc. Regards coloniaux français 19e-20e siècles, Complexe, 1995.
Christophe Jaffrelot, Inde, l'envers de la puissance. Inégalités et révoltes, CNRS Editions, 2012.
Emmanuel Henry, Amiante, un scandale improbable. Sociologie d'un problème public, PUR, 2007.
Eric Maurin, La fabrique du conformisme, Seuil, 2015.
Christophe Jaffrelot, Dr Ambedkar. Leader intouchable et père de la Constitution indienne, Presses de Science Po, 2000.
Ernest Mandel, La formation de la pensée économique de Karl Marx, Maspero, 1972.
Aline Helg, Plus jamais esclaves ! De l'insoumission à la révolte, le grand récit d'une émancipation (1492-1838), Le Découverte, 2016.
Claudie Weill, Marxistes russes et social-démocratie allemande 1898-1904, Maspero, 1977.
Louis Couturier, Les "grandes affaires" du Parti communiste français, Maspero, 1972.
Jean-Michel Berthelot, La construction de la sociologie, PUF, 1991.
Cajo Brendel et Henri Simon, De l'anti-franquisme à l'après franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1978.

mercredi, octobre 9 2019

Bolivie : l'illusion écologiste

Dimitri de Boissieu
Bolivie : l'illusion écologiste. Voyage entre nature et politique dans le pays d'Evo Morales
Ecosociété, 2019

Souvenez-vous. Confrontés à la dégénérescence de la gauche de gouvernement, les gauches de transformation sociale tournèrent leur regard vers l'Amérique latine à partir de la fin du siècle dernier. Là-bas, dans l'arrière-cour nord-américaine, des voix s'élevaient pour réinventer le socialisme ou, plus humblement, le sortir de sa léthargie. Elles étaient celles, poétiques, inventives et pionnières du zapatisme, mais aussi, celles plus traditionnelles, d'un Lula, d'un Chaves, d'un Mujica, ou celles encore d'un Correa ou d'un Moralès. Voix plurielles donc pour des voies plurielles : pas de modèle unique, mais construction nationale d'un chemin émancipateur prenant en considération la sociologie spécifique du territoire.
La question indienne fut ainsi centrale dans le projet de socialisme andin promu par Evo Morales, ancien cocalero, syndicaliste, devenu en 2006, le premier président non blanc de la Bolivie1. En ces temps troublés, marqués par la destruction des écosystèmes sur l'autel du profit et du business, écoutez un homme issu des classes populaires parler de l'importance de la Pachamama (la Terre-Mère) dans la cosmogonie indienne et de sa préservation dans la construction d'un monde nouveau avait des vertus curatives. Le socialisme, enfin, allait teinter de vert son âme rouge ; pas de greenwashing ici, mais la volonté de conjuguer anticapitalisme, développement et respect de la nature et ce dans un pays à la biodiversité incomparable, où 22 parcs naturels couvrent 16 % du territoire.

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L'écologue Dimitri de Boissieu a alors chaussé ses pataugas et, sac sur le dos, a traversé le pays pour aller voir sur le terrain comment le pouvoir bolivien, après une décennie d'exercice de l'autorité, prenait à bras-le-corps la question écologique. Le résultat est accablant. L'auteur s'en doutait car le vice-président Alvaro Garcia Linera, sociologue et idéologue renommé2, avait été clair dès 2009 : « La critique environnementale de l'industrialisme ne peut prendre le dessus sur les autres besoins que rencontre le pays. Ce que nous cherchons est un équilibre entre les thématiques écologiques et la nécessité de réaliser des excédents (…) afin de sortir des rapports de dépendance. » Il est toujours tentant, quand on est à la tête d'une des pays les plus pauvres de la planète, de jouer la carte de l'exportation de ses matières premières, surtout quand les cours sont à la hausse : cela remplit les caisses de l’État et offre des marges de manœuvre budgétaires pour financer des programmes sociaux ou le développement d'infrastructures. Mais aucune rente n'est jamais assurée...
Equilibre nous dit Garcia Linera ? Pour ceux qui se gorgent de mots et de déclarations solennelles sur la spiritualité indienne, peut-être, mais pour les autres, il y a bien longtemps que le pouvoir bolivien a fait son choix : le développement économique d'abord, quoiqu'il en coûte, en s'appuyant sur les ressources du pays, le pétrole, le gaz, l'or…
Quand à cette politique développementaliste s'ajoutent les conséquences du réchauffement climatique, le résultat est catastrophique. Le lac Titicaca est envahi par les algues, le lac Poopo s'est tout simplement évaporé. La déforestation bat son plein et les coupes illégales se multiplient3. Des projets de barrage fleurissent ça-et-là qui auront pour conséquences la disparition des centaines de milliers d'hectares de forêt et la déportation des communautés indiennes vivant sur ces terres. L'exploitation minière se développe avec les perturbations qu'elle entraîne, comme la pollution au mercure. Les OGM ? A contre-coeur, Moralès les accepte car ils sont indispensables si l'on veut nourrir le peuple ; quant à son vice-président, c'est un ardent défenseur de l'extension de la culture du soja. Le pétrole ? Il faut l'extraire quand bien même il niche au coeur des aires protégées et qu'il faudra pour cela fouler aux pieds les droits des communautés indiennes que l'on a soi-même édictés. Tel est le prix à payer pour sortir le pays de la misère… Durant son périple, Dimitri de Boissieu échange avec les travailleurs chargés de la conservation et de la préservation des aires protégées et autres parcs naturels. Il y rencontre des hommes désabusés. Comment agir quand les financements se sont évaporés ? Comment arrêter des activités illégales quand les effectifs sont faméliques, que les moyens de transport sont défaillants et que l'autorité de tutelle est si peu présente et si peu directive ? Pire même, ils sont priés de développer des activités rémunératrices pour boucler leurs fins de mois ! Quant aux ONG environnementales, elles sont devenues la cible de la propagande gouvernementale qui ne voient en elles que des instruments aux mains des puissances étrangères chargés de freiner ou d'empêcher le développement économique du pays en manipulant les populations locales ! L'anti-impérialisme sert à tout, et surtout à stigmatiser toute opposition populaire au modèle extractiviste défendu par le pouvoir…

« Evo Morales bénéficie encore à l'étranger de l'image d'un écologiste hors pair » nous dit l'auteur, image qui fait oublier que ce sont les partisans de la construction d'un capitalisme d’État, peu sensibles aux problématiques écologistes, qui tiennent les rênes du ministère de l'Economie. Dimitri de Boissieu se veut cependant optimiste car il sait les Boliviens « inventifs, engagés et tenaces ». Il l'est bien davantage qu'un de ses interlocuteurs lui disant : « Ici, c'est l'accumulation qui compte, le reste on s'en fout (…) Ils veulent tous vivre le rêve américain. Le pachamamisme n'a aucun chance dans ce pays, parce que ça fait partie d'un passé qui est en train de disparaître à une vitesse phénoménale, du fait de l'accès des gens au marché capitaliste. Le marché capitaliste ne tolère pas la pachamamisme. »



Notes

1. Pour appréhender la situation bolivienne au moment de l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales, lire : Denis Rollland et Joelle Chassin (coord.), Pour comprendre la Bolivie d'Evo Morales, L'Harmattan, 2007.

2. Auteur de Pour une politique de l'égalité. Communauté et autonomie dans la Bolivie contemporaine, Les Prairies ordinaires, 2008. On peut également le retrouver dans cet excellent numéro d'Alternatives sud, La Bolivie d'Evo. Démocratique, indianiste et socialiste ?, Centre tricontinental/Syllepse, 2009.

3. Les bonnes terres cultivables sont extrêmement rares en Bolivie. La déforestation permet à des paysans de s'installer.

lundi, septembre 30 2019

Mes lectures de septembre 2019

David Roediger, Le salaire du Blanc. La formation de la classe ouvrière américaine et la question raciale, Syllepse, 2018.
Dimitri de Boissieu, Bolivie : l'illusion écologiste, Ecosociété, 2019.
Nicos Poulantzas, La crise des dictatures. Portugal, Grèce, Espagne, Seuil, 1975.
Christian Laval et alii, La nouvelle école capitaliste, La Découverte, 2011.
Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter, Gallimard, 1974.
Mark Cohen, Sous le Croissant et sous la Croix. Les Juifs au Moyen Age, Seuil, 2008.
Eldridge CLeaver, Sur la révolution américaine. Conversation d'exil avec Lee Lockwood, Seuil, 1970.
Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, Les créationnismes. Une menace pour la société française ?, Syllepse, 2008.
Gordon Golding, Le Procès du singe. La Bible contre Darwin, Complexe, 2006.
Victor-Daniel Bonilla, Serfs de Dieu et maîtres d'Indiens. Histoire d'une mission capucine en Amazonie, Fayard, 1972.
Patrick Braun et Jean Sanitas, Le Birobidjan. Une terre juive en URSS, Laffont, 1989.
Johann Most, La peste religieuse, Partage noir, 2010.
Collectif, Société et répression sexuelle. L'oeuvre de Wilhelm Reich, Liaison 20, 1968.
John Zerzan, Un conflit décisif. Les organisations syndicales combattent le révolte contre le travail, Echanges, 1975.
Lionel Richard, Le nazisme et la culture, Maspéro, 1978.

dimanche, septembre 1 2019

Mes lectures de l'été 2019

Hao Ren, Zongjin Li, Eli Friedman, La Chine en grève. Récits de résistance ouvrière, Acratie, 2018.
Anna Trespeuch-Berthelot, Guy Debord ou l'ivresse mélancolique, Le Manuscrit, 2017.
Les Utopiques (Cahier de réflexions), n°11 (Gilets jaunes, autour d'une crise sociale), US Solidaires, 2019.
Alternatives Sud, Etat des luttes Moyen-Orient et Afrique du nord, Centre tricontinental, 2018.
Alternatives Sud, Quêtes d'industrialisation au sud, Centre tricontinental, 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°43 (Bilan géostratégique 2019 : la fin de Daech ?), 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°42 (Afghanistan? Blessures de guerres, espoirs de paix), 2019.
L'Economie politique (Revue), n°83 (Quel avenir pour l'Etat-providence ?), Alternatives économiques, 2019.
Willy Gianinazzi, André Gorz. Une vie, La Découverte, 2019.
Edouard Lynch, Insurrections paysannes. De la terre à la rue, usages de la violence au XXe siècle, Vendémiaire, 2019.
Eric Hoesli, L'Epopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, Ed. des Syrtes, 2018.
Gérard Noiriel, Les Gilets jaunes à la lumière de l'histoire. Dialogue avec Nicolas Truong, Le Monde/L'aube, 2019.
Collectif, Les marxistes contre l'autogestion. Recueil d'analyses, d'articles et de documents écrits de 1962 à 1974 pour combattre l'intoxication autogestionnaire, SELIO, 1974.
Jean-Michel Ronda, Petit bréviaire syndical et politique, L'Insomniaque, 2005.
Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, Rwanda, racisme et génocide. L'idéologie hamitique, Belin, 2016.
Ermanno Olmi, Enfant de faubourg, UGE, 1994.
Collectif, Réforme agraire au Maghreb. Colloque sur les conditions d'une véritable réforme agraire au Maroc, Maspéro, 1963.
Marc Hillel, Le massacre des survivants. En Pologne 1945-1947, Plon, 1985.
Osvaldo Bayer, Les anarchistes expropriateurs, ACL, 1995.
Philippe Vigier, La Monarchie de juillet, PUF, 1972.
Maurice Pianzola, Thomas Munzer ou la guerre des paysans, Ed. Héros-Limite, 2015.

mardi, juillet 2 2019

Mes lectures de juin 2019

Pierre-Frédéric Charpentier, Les intellectuels français et la guerre d'Espagne. Une guerre civile par procuration (1936-1939), Editions du Félin, 2019. - Ma chronique
Louis Janover, Le testament de Lénine et l'héritage de Rosa Luxemburg, Smolny, 2018.
Alternatives Sud (Revue), Etat des résistances dans le Sud : Afrique, Centre tricontinental, 2019.
Gilles Dorronsoro, Le reniement démocratique. Néolibéralisme et injustice sociale, Fayard, 2019.
Janet Biehl, Ecologie ou catastrophe. La vie de Murray Bookchin, l'Amourier, 2018.
Michel Hébert, La voix du peuple. Une histoire des assemblées au Moyen Age, PUF, 2018.
Pierre Kende et Krzysztof Pomian (sous la direction), 1956 Varsovie-Budapest. la deuxième révolution d'Octobre, Esprit, 1976.
A. L. Morton et George Tate, Histoire du mouvement ouvrier anglais, Maspero, 1963.

samedi, juin 1 2019

Mes lectures de mai 2019

Giovanni Zanoletti, "Le Djihad de la vache" au Mali. Deux (ou trois) choses que je sais de lui..., FASOPO, 2019.
Laurent Gayer, Qui gardera les gardiens ? Sécurité industrielle et production d'incertitude à Karachi, Etudes du CERI n°213, 2019.
Jill Liddington et Jill Norris, Histoire des suffragistes radicales. Le combat oublié des ouvrières du nord de l'Angleterre, Libertalia, 2018.
Charles Gide, Premières notions d'économie politique, Albin Michel, sd.

vendredi, mai 3 2019

Mes lectures d'avril 2019

Politique africaine (Revue), n°151 (Gouverner par la fiscalité), Karthala, 2018.
Echanges (Bulletin), n°160, Echanges et mouvement, 2017.
Cahier d'histoire immédiate (Revue), Comprendre le 21e siècle (1991-2011), Université de Toulouse II, 2012.

mardi, avril 2 2019

Mes lectures de mars 2019

Yves Meunier, La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885), L'Echappée, 2017.
Alternatives économiques, n°HS 117 (L'économie en 2019), Alternatives économiques, 2019.
Eric Berr et Léonard Moulin, "En marche" vers la destruction de l'université, Les Economistes atterrés, 2018.
Mohamed-Ali Adraoui, Les Etats-Unis et l'islam politique. Composer avec les Frères musulmans égyptiens dans les révolutions arabes, 2016.
Fariba Adelkhah, Elections et notabilités en Iran. Une analyse du scrutin législatif de 2016 dans quatre circonscriptions, Etudes du CERI n°230, 2017.
Noureddine Amara, Des histoires de petits riens. Les Algériens, des étrangers de contrebande : Rif et Jbala dans les années 1920, FASOPO, 2018.
Moussa Tchangari, Sahel : aux origines de la crise humanitaire. Conflist armés, crise de la démocratie et convoitises extérieures, Alternatives Espaces Citoyens, 2018.
Alain Bihr, 1415-1763, le premier âge du capitalisme. Tome 1 : l'expansion européenne, Syllepse, 2018.
Alain Demurger, Temps de crises, temps d'espoir. 14-15e siècle, Seuil, 1990.
Florence Brisset-Foucault, La cité radiophonique. Démocratie de chantier, domination technocratique et patriotisme bureaucratique en Ouganda, FASOPO, 2016.
Nancy Fraser, Sur les contradictions sociales du capitalisme contemporain : de la famille, du féminisme et de leurs relations avec le néo-libéralisme, Conférence Marc-Bloch, 2016.

samedi, mars 2 2019

Mes lectures de février 2019

Gilles Vandal, Donald Trump et la déconstruction de l'Amérique, Athéna Editions, 2018. --- Voir ma chronique.
Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, La Fabrique, 2018.
Frédéric Barbe, La Beaujoire, enquête sur un coup d'Etat urbain, A la criée, 2018.
Maurice Dommanget, Eugène Varlin (1839-1871), La Ruche ouvrière, 1976.
Nigel Barley, Un anthropologue en déroute, Payot, 2001.
Alain Accardo, Initiation à la sociologie de l'illusionnisme social, Le Mascaret, 1983.
Mahmout Makal, Un village anatolien. Récit d'un instituteur paysan, Plon/Terre humaine, 1963.
Christophe Charle, Histoire sociale de la France au XIXe siècle, Seuil, 1991.
Armand Cuvillier, L'Atelier, un journal d'ouvriers 1840-1850, Editions Ouvrières, 1954.
Gilles Candar et Guy Dreux, Une loi pour les retraites. Débats socialistes et syndicalistes autour de la loi de 1910, Le Bord de l'eau, 2010.
Jean-Claude Caron, L'été rouge. Chronique de la révolte populaire en France (1841), Aubier, 2002.

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