Le Monde comme il va

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dimanche, décembre 1 2019

Mes lectures de novembre 2019

Alberto Prunetti, Amianto. Une histoire ouvrière, Agone, 2019. --- Ma chronique.
Moyen-Orient (Revue), n°44 (Tunisie. Un destin démocratique ?), 2019.
Annie Thébaud-Mony, Travailler peut nuire gravement à votre santé. Sous-traitance des risques..., La Découverte, 2006.
Dan et Martov, La dictature du prolétariat, Ed. de la Liberté, 1947.
Alain Demurger, Vie et mort de l'ordre du Temple, Seuil, 1993.

lundi, novembre 11 2019

Amianto. Une histoire ouvrière

Alberto Prunetti
Amianto. Une histoire ouvrière
Agone, 2019

Je pourrais résumer ce livre en une poignée de mots en forme d'épitaphe : « Renato Prunetti (1945-2004). Ouvrier, il en est mort. »
Alberto Prunetti a pris la plume pour parler de son père, pour écrire « l'histoire ouvrière d'un type quelconque » étouffé par la machine. Renato n'était pas un de ces prolétaires happés par les grandes concentrations industrielles de Turin et d'ailleurs, ouvrier-masse soumis au chronométreur et à la froide discipline usinière. Renato était un ouvrier qualifié, soudeur-tuyauteur, fier de son savoir-faire et tout aussi fier que son fils échappe, par les études, à un avenir qui semblait tout tracé : étudier pour ne pas avoir à travailler plus tard…

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Renato le Livournais, un peu bagarreur, un peu fort-en-gueule, fan de football (qui ne l'était pas dans l'Italie ouvrière ?), syndicaliste de base, anticlérical affirmé, était un trimardeur, un ouvrier détaché. La moitié de son temps de travail, il le passait loin de chez lui, sur tous les chantiers qui requerrait ses compétences. Travail dur, salissant et qui peut tuer. A petit feu. Car Renato en a bouffé de ces poussières et particules. Il a bouffé de l'amiante, sans savoir que cette fibre, ce « serial killer » qu'il avait croisé à Casale Monferrato, Piombino et ailleurs, emprisonnait lentement mais sûrement ses poumons. Il savait que le labeur ouvrier s'en prendrait à son ouïe, ses yeux, son dos ; il ne se doutait pas qu'une tumeur le frapperait à 57 ans, après quatre ans de retraite. Renato n'était pas naïf, il avait eu en mains des tracts syndicaux et en fin de carrière, lui, le militant, s'était mobilisé pour épargner aux jeunes ouvriers d'être exposés comme il le fut aux substances chimiques, toxiques.
En 2004, Renato s'éteint, comme tant d'autres, victime de l'amiante, après deux années de souffrances. Pour la famille vient le temps du deuil puis celui du combat pour faire reconnaître le caractère professionnel de la maladie l'ayant frappé ; combat qui rend le deuil impossible. Pot de terre contre pot de fer. Contre les médecins et le patronat, murailles froides, incontournables. Puis vient le procès en septembre 2011. Epreuve surprenante et stupéfiante : six secondes pour s'entendre dire que l'affaire a été réglée en amont, que la famille recevra une indemnisation pour solde de tout compte. Six secondes et au suivant ! Six secondes pour un « type quelconque » qui a mené « une vie à risque, pleine d'ennui » et qui en est mort, dans l'indifférence générale. Toute la violence du système capitaliste tient en ces six secondes.

dimanche, novembre 10 2019

Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme

Marcos Ancelovici, Pierre Mouterde, Stéphane Chalifour, Judith Trudeau
Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme
Ecosociété, 2019.

Pour aborder ce livre et en discuter l'intérêt, je suggère de commencer la lecture à la page 159 par ces quelques mots de Pierre Mouterde, militant socialiste québecois. En une page, il nous dit trois choses : « On vit dans un monde où, comme jamais, on a besoin de révolutions » ; « La nécessité que nous avons de devoir collectivement agir vite » ; « On n'a jamais été aussi loin de la possibilité effective de mener aujourd'hui une véritable révolution. » Amer constat.
Pierre Mouterde le socialiste et Marcos Ancelovici le libertaire : deux militants de générations différentes (le premier a fait 68, le second est né en 1971) à qui les Nouveaux cahiers du socialisme de Chalifour et Trudeau ont proposé de dialoguer. Dialoguer pour voir si l'on peut concilier l'inconciliable et réconcilier ce que l'Histoire a déchiré tant de fois.
L'ambition n'est pas nouvelle. A la fin du 19e siècle, Merlino entra dans une vive polémique avec Malatesta à propos de l'abstentionnisme. Dans les années 1920, synthésistes et plateformistes s'affrontèrent violemment sur les questions organisationnelles. Dans les années 1960, Daniel Guérin se mit en tête de faire la synthèse entre le marxisme révolutionnaire et l'anarchisme social. Plus récemment, Besancenot et Lowy ont évoqué les « affinités électives » entre les deux courants1. J'aurais pu y ajouter les violentes polémiques qui secouèrent le « marxisme » tout au long du 20e siècle, et évoquer aussi bien Georges Sorel qu'Antonio Gramsci, Pannekoek que Poulantzas, Castoriadis, les conseillistes que les situationnistes qui tous, à leur façon et dans la dissonance, questionnèrent le rôle et la forme du parti, la rupture révolutionnaire ou encore le crétinisme parlementaire.
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Le dialogue est courtois car les deux militants sont désireux de faire « cause commune », de trouver les chemins d'une convergence qui ne soit pas tactique et instrumentale. Il l'est d'autant plus que « nous sommes hantés par les solutions politiques du passé » (Mouterde) alors que le monde a été profondément bouleversé depuis une poignée de décennies, autrement dit depuis les mouvements sociaux révolutionnaires/transgressifs des années 1960-1970. Tout le monde en est donc au même point et se pose les mêmes questions : l'ouvrier (celui des grandes concentrations industrielles) demeure-t-il le sujet révolutionnaire par excellence alors que la fragmentation du salariat a liquidé son homogénéité (d'ailleurs plus fantasmée que réelle) ? Les pratiques assembléistes sont-elles de nature à régler la question des relations de domination au sein des mouvements de masse ? Comment intégrer les problématiques intersectionnelles/identitaires sans satelliser la question des classes sociales ? Face à l'individualisme, peut-on se référer au « peuple » et à la nation2 ? Quid de la violence ou de la contre-violence populaire ?
Des questions donc, des réponses et des interrogations, et surtout un sentiment relevé par Chalifour et Trudeau : « Personne aujourd'hui ne prétend détenir la ligne juste ». Sentiment qui pourrait laisser penser que nous serions entrés dans un « nouvelle ère de la gauche, une gauche à la fois plus ouverte, mais aussi moins assurée », une gauche à la fois utopique et réaliste qui, pour le dire avec ces mots de 1922 de l'anarchiste italien Camillo Berneri, grefferait « des vérités nouvelles sur le tronc de ses vérités fondamentales, tout en sachant tailler ses vieilles branches. »3 Y'a plus qu'à...

Notes
1. Pour une critique non de la démarche mais de son contenu, lire René Berthier, Affinités non électives. Pour un dialogue sans langue de bois entre marxistes et anarchistes, Editions du Monde libertaire, 2015.
2. La question nationale fut centrale et demeure importante au Québec.
3. Camillo Berneri, Oeuvres choisies, Editions du Monde libertaire, 1988, p. 67-71. Berneri évoquait ici le mouvement anarchiste dont il critiquait l'immaturité, s'en prenant à la « mentalité mesquine et paresseuse de beaucoup de camarades qui trouvent plus commode de ruminer l'enseignement des maîtres que de s'engager dans les problèmes vastes et compliqués de la question sociale telle qu'elle apparaît aujourd'hui. »

samedi, novembre 9 2019

Les intellectuels français et la guerre d'Espagne

Pierre-Frédéric Charpentier
Les intellectuels français et la guerre d'Espagne. Une guerre civile par procuration (1936-1939)
Editions du Félin, 2019, 696 p.

Il est des coquilles plus éclairantes que d'autres : « La bataille fait rage dans tous les lecteurs » nous dit ainsi Le Mercure de France du 15 décembre 1937 ; coquille relevée par l'auteur pour qui elle illustre à quel point la guerre d'Espagne a passionné et tourmenté les esprits de ce côté-ci des Pyrénées. Je ne suivrai cependant pas Geneviève Tabouis affirmant en 1942 « qu'autour de la question d'Espagne, il se créa, dans notre pays, pour la première fois une division profonde entre Français. Une sorte de véritable guerre civile sourde et sournoise plana alors sur la vie de la nation. » ; c'est oublier à quel point l'affaire Dreyfus vît s'affronter, violemment, deux France et deux intelligentsia. Mais il était sans doute difficile d'évoquer le Capitaine dans la France du Maréchal…
La bataille fit rage, oui, et chacun fut sommé de prendre parti. S'appuyant sur une solide bibliographie, Pierre-Frédéric Charpentier nous met dans les pas de ces intellectuels, journalistes, pamphlétaires, artistes qui, depuis Paris ou la Péninsule, défendent leur Espagne : la républicaine, rouge et noire, indocile, généreuse et utopique ; la cléricale, austère où chacun reste à sa place, condition sine qua non pour éviter que la sauvagerie ne l'emporte.
Ils ont pour noms André Malraux, Paul Nizan, Simone Weil, Benjamin Péret, Georges Soria, Robert Louzon ou encore Pierre Brossolette. Ils sont marxistes de toutes écoles, anarchistes, syndicalistes révolutionnaires. Ils s'appellent Lucien Rebatet, Georges Oudard, Paul Claudel, Charles Maurras ou encore Bertrand de Jouvenel. Monarchistes, anti-communistes, catholiques, antisémites, tout le spectre de la droite fait corps pour conspuer l'Espagne rouge. Certains ont agi par la plume, d'autres par les armes, d'autres encore firent les deux et parfois y perdirent la vie au nom d'une Espagne dans laquelle ils investissaient leurs espérances politiques.
Deux camps et deux visions inconciliables. Les Golpistes ? Ils ne sont que l'expression armée d'une Espagne refusant la dictature des rouges, car c'est l'avenir de la Civilisation chrétienne qui se joue à Barcelone et Madrid. Les Franquistes ? Des factieux, défenseurs d'une Espagne réactionnaire, alliance du sabre et du goupillon, liquidant au besoin gueux des champs et prolétaires indociles. Chacun défend son camp sans céder un pouce de terrain à l'adversaire.
A droite et à l'extrême droite, on oppose le pays « réel » au pays « légal », ce « Frente crapular » soutenu par les brigands et les brutes. Pour preuves, ces incendies d'églises, ces meurtres de curés et de nonnes, ces squelettes que l'on expose. Terreur rouge, donc. Mais que penser de Guernica ou de ces deux mille prisonniers républicains liquidés un 15 août à Badajoz ? Cette « terreur blanche », le pieux Mauriac, Bernanos, Maritain la refusent, et François Veuillot (La Croix) s'indigne : « Ce n'est pas ainsi que l'on fait triompher la religion ». Rares dissidences à droite, mais tout aussi rares furent celles qui, à gauche, condamnèrent les exactions commises par le camp républicain à Valence, Barcelone ou ailleurs…

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Déchirement à droite, fractures à gauche. La première, immédiate : peut-on sans réagir laisser la république espagnole succomber sous les coups des séditieux ? Très vite, Léon Blum tranche : pour sauver la paix, il faut sacrifier l'Espagne ; la non-intervention fracture la gauche. Autre motif puissant de dissensus : l'implication du Komintern (via les Brigades internationales ou la vente d'armes) dans le conflit. Certains applaudissent le soutien soviétique quand d'autres fustigent le poids des « moscoutaires » dans le gouvernement et leur politique de neutralisation des anarcho-syndicalistes et des « trotskystes » du POUM. Conflit idéologique qui prend un tour militaire et tragique en mai 1937 dans les rues de Barcelone. Soulignons que les collectivisations agraires, la reprise en mains des usines ne semblent guère avoir motivé les intellectuels car l'auteur n'en parle pas ou fort peu ; il faut y voir sans doute le faible poids des libertaires sur la scène médiatique…

Maurras peut aller parader en Espagne. La république, cette gueuse sous contrôle bolchevik, est en sursis. Madrid se soumet, l'avancée franquiste pousse des centaines de milliers de personnes à fuir et tenter de franchir les Pyrénées. La gauche plaide pour que la France accueille les vaincus, la droite triomphante exige que l'on fasse le tri afin de se préserver de la canaille.
Car la droite a gagné cette « guerre civile par procuration ». Mais ce fut, nous dit l'auteur en conclusion de cette imposante synthèse, une victoire sans lendemain car la mémoire collective n'a retenu de ces trois ans de sang et de larmes que les œuvres d'un Malraux, Hemingway, Orwell ou Picasso… au point de laisser penser que la France d'alors fut unanime à défendre la liberté.

Note de lecture publiée dans le n°1087-1088 (11/2019, Spécial Joseph Roth et Adalbert Stifter) de la revue littéraire mensuelle Europe.

jeudi, octobre 31 2019

Mes lectures d'octobre 2019

OCTOBRE 2019
Pierre Monatte, Lettres d'un syndicaliste sous l'uniforme 1915-1918. Lettres choisies et annotées par Julien Chuzeville, Smolny, 2018.
Ancelovici/Mouterde/Chalifour/Trudeau, Une gauche en commun. Dialogue sur l'anarchisme et le socialisme, Ecosociété, 2019. - Ma chronique
Murray Bookchin, Changer sa vie sans changer le monde. L'anarchisme contemporain entre émancipation individuelle et révolution sociale, Agone, 2019.
David Shub, Lénine, Gallimard, 1972.
Christophe Jaffrelot et Jules Naudet, Justifier l'ordre social, PUF, 2013.
Alain Ruscio, Le credo de l'homme blanc. Regards coloniaux français 19e-20e siècles, Complexe, 1995.
Christophe Jaffrelot, Inde, l'envers de la puissance. Inégalités et révoltes, CNRS Editions, 2012.
Emmanuel Henry, Amiante, un scandale improbable. Sociologie d'un problème public, PUR, 2007.
Eric Maurin, La fabrique du conformisme, Seuil, 2015.
Christophe Jaffrelot, Dr Ambedkar. Leader intouchable et père de la Constitution indienne, Presses de Science Po, 2000.
Ernest Mandel, La formation de la pensée économique de Karl Marx, Maspero, 1972.
Aline Helg, Plus jamais esclaves ! De l'insoumission à la révolte, le grand récit d'une émancipation (1492-1838), Le Découverte, 2016.
Claudie Weill, Marxistes russes et social-démocratie allemande 1898-1904, Maspero, 1977.
Louis Couturier, Les "grandes affaires" du Parti communiste français, Maspero, 1972.
Jean-Michel Berthelot, La construction de la sociologie, PUF, 1991.
Cajo Brendel et Henri Simon, De l'anti-franquisme à l'après franquisme. Illusions politiques et lutte de classe, Spartacus, 1978.

mercredi, octobre 9 2019

Bolivie : l'illusion écologiste

Dimitri de Boissieu
Bolivie : l'illusion écologiste. Voyage entre nature et politique dans le pays d'Evo Morales
Ecosociété, 2019

Souvenez-vous. Confrontés à la dégénérescence de la gauche de gouvernement, les gauches de transformation sociale tournèrent leur regard vers l'Amérique latine à partir de la fin du siècle dernier. Là-bas, dans l'arrière-cour nord-américaine, des voix s'élevaient pour réinventer le socialisme ou, plus humblement, le sortir de sa léthargie. Elles étaient celles, poétiques, inventives et pionnières du zapatisme, mais aussi, celles plus traditionnelles, d'un Lula, d'un Chaves, d'un Mujica, ou celles encore d'un Correa ou d'un Moralès. Voix plurielles donc pour des voies plurielles : pas de modèle unique, mais construction nationale d'un chemin émancipateur prenant en considération la sociologie spécifique du territoire.
La question indienne fut ainsi centrale dans le projet de socialisme andin promu par Evo Morales, ancien cocalero, syndicaliste, devenu en 2006, le premier président non blanc de la Bolivie1. En ces temps troublés, marqués par la destruction des écosystèmes sur l'autel du profit et du business, écoutez un homme issu des classes populaires parler de l'importance de la Pachamama (la Terre-Mère) dans la cosmogonie indienne et de sa préservation dans la construction d'un monde nouveau avait des vertus curatives. Le socialisme, enfin, allait teinter de vert son âme rouge ; pas de greenwashing ici, mais la volonté de conjuguer anticapitalisme, développement et respect de la nature et ce dans un pays à la biodiversité incomparable, où 22 parcs naturels couvrent 16 % du territoire.

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L'écologue Dimitri de Boissieu a alors chaussé ses pataugas et, sac sur le dos, a traversé le pays pour aller voir sur le terrain comment le pouvoir bolivien, après une décennie d'exercice de l'autorité, prenait à bras-le-corps la question écologique. Le résultat est accablant. L'auteur s'en doutait car le vice-président Alvaro Garcia Linera, sociologue et idéologue renommé2, avait été clair dès 2009 : « La critique environnementale de l'industrialisme ne peut prendre le dessus sur les autres besoins que rencontre le pays. Ce que nous cherchons est un équilibre entre les thématiques écologiques et la nécessité de réaliser des excédents (…) afin de sortir des rapports de dépendance. » Il est toujours tentant, quand on est à la tête d'une des pays les plus pauvres de la planète, de jouer la carte de l'exportation de ses matières premières, surtout quand les cours sont à la hausse : cela remplit les caisses de l’État et offre des marges de manœuvre budgétaires pour financer des programmes sociaux ou le développement d'infrastructures. Mais aucune rente n'est jamais assurée...
Equilibre nous dit Garcia Linera ? Pour ceux qui se gorgent de mots et de déclarations solennelles sur la spiritualité indienne, peut-être, mais pour les autres, il y a bien longtemps que le pouvoir bolivien a fait son choix : le développement économique d'abord, quoiqu'il en coûte, en s'appuyant sur les ressources du pays, le pétrole, le gaz, l'or…
Quand à cette politique développementaliste s'ajoutent les conséquences du réchauffement climatique, le résultat est catastrophique. Le lac Titicaca est envahi par les algues, le lac Poopo s'est tout simplement évaporé. La déforestation bat son plein et les coupes illégales se multiplient3. Des projets de barrage fleurissent ça-et-là qui auront pour conséquences la disparition des centaines de milliers d'hectares de forêt et la déportation des communautés indiennes vivant sur ces terres. L'exploitation minière se développe avec les perturbations qu'elle entraîne, comme la pollution au mercure. Les OGM ? A contre-coeur, Moralès les accepte car ils sont indispensables si l'on veut nourrir le peuple ; quant à son vice-président, c'est un ardent défenseur de l'extension de la culture du soja. Le pétrole ? Il faut l'extraire quand bien même il niche au coeur des aires protégées et qu'il faudra pour cela fouler aux pieds les droits des communautés indiennes que l'on a soi-même édictés. Tel est le prix à payer pour sortir le pays de la misère… Durant son périple, Dimitri de Boissieu échange avec les travailleurs chargés de la conservation et de la préservation des aires protégées et autres parcs naturels. Il y rencontre des hommes désabusés. Comment agir quand les financements se sont évaporés ? Comment arrêter des activités illégales quand les effectifs sont faméliques, que les moyens de transport sont défaillants et que l'autorité de tutelle est si peu présente et si peu directive ? Pire même, ils sont priés de développer des activités rémunératrices pour boucler leurs fins de mois ! Quant aux ONG environnementales, elles sont devenues la cible de la propagande gouvernementale qui ne voient en elles que des instruments aux mains des puissances étrangères chargés de freiner ou d'empêcher le développement économique du pays en manipulant les populations locales ! L'anti-impérialisme sert à tout, et surtout à stigmatiser toute opposition populaire au modèle extractiviste défendu par le pouvoir…

« Evo Morales bénéficie encore à l'étranger de l'image d'un écologiste hors pair » nous dit l'auteur, image qui fait oublier que ce sont les partisans de la construction d'un capitalisme d’État, peu sensibles aux problématiques écologistes, qui tiennent les rênes du ministère de l'Economie. Dimitri de Boissieu se veut cependant optimiste car il sait les Boliviens « inventifs, engagés et tenaces ». Il l'est bien davantage qu'un de ses interlocuteurs lui disant : « Ici, c'est l'accumulation qui compte, le reste on s'en fout (…) Ils veulent tous vivre le rêve américain. Le pachamamisme n'a aucun chance dans ce pays, parce que ça fait partie d'un passé qui est en train de disparaître à une vitesse phénoménale, du fait de l'accès des gens au marché capitaliste. Le marché capitaliste ne tolère pas la pachamamisme. »



Notes

1. Pour appréhender la situation bolivienne au moment de l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales, lire : Denis Rollland et Joelle Chassin (coord.), Pour comprendre la Bolivie d'Evo Morales, L'Harmattan, 2007.

2. Auteur de Pour une politique de l'égalité. Communauté et autonomie dans la Bolivie contemporaine, Les Prairies ordinaires, 2008. On peut également le retrouver dans cet excellent numéro d'Alternatives sud, La Bolivie d'Evo. Démocratique, indianiste et socialiste ?, Centre tricontinental/Syllepse, 2009.

3. Les bonnes terres cultivables sont extrêmement rares en Bolivie. La déforestation permet à des paysans de s'installer.

lundi, septembre 30 2019

Mes lectures de septembre 2019

David Roediger, Le salaire du Blanc. La formation de la classe ouvrière américaine et la question raciale, Syllepse, 2018.
Dimitri de Boissieu, Bolivie : l'illusion écologiste, Ecosociété, 2019.
Nicos Poulantzas, La crise des dictatures. Portugal, Grèce, Espagne, Seuil, 1975.
Christian Laval et alii, La nouvelle école capitaliste, La Découverte, 2011.
Gavi / Sartre / Victor, On a raison de se révolter, Gallimard, 1974.
Mark Cohen, Sous le Croissant et sous la Croix. Les Juifs au Moyen Age, Seuil, 2008.
Eldridge CLeaver, Sur la révolution américaine. Conversation d'exil avec Lee Lockwood, Seuil, 1970.
Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, Les créationnismes. Une menace pour la société française ?, Syllepse, 2008.
Gordon Golding, Le Procès du singe. La Bible contre Darwin, Complexe, 2006.
Victor-Daniel Bonilla, Serfs de Dieu et maîtres d'Indiens. Histoire d'une mission capucine en Amazonie, Fayard, 1972.
Patrick Braun et Jean Sanitas, Le Birobidjan. Une terre juive en URSS, Laffont, 1989.
Johann Most, La peste religieuse, Partage noir, 2010.
Collectif, Société et répression sexuelle. L'oeuvre de Wilhelm Reich, Liaison 20, 1968.
John Zerzan, Un conflit décisif. Les organisations syndicales combattent le révolte contre le travail, Echanges, 1975.
Lionel Richard, Le nazisme et la culture, Maspéro, 1978.

dimanche, septembre 1 2019

Mes lectures de l'été 2019

Hao Ren, Zongjin Li, Eli Friedman, La Chine en grève. Récits de résistance ouvrière, Acratie, 2018.
Anna Trespeuch-Berthelot, Guy Debord ou l'ivresse mélancolique, Le Manuscrit, 2017.
Les Utopiques (Cahier de réflexions), n°11 (Gilets jaunes, autour d'une crise sociale), US Solidaires, 2019.
Alternatives Sud, Etat des luttes Moyen-Orient et Afrique du nord, Centre tricontinental, 2018.
Alternatives Sud, Quêtes d'industrialisation au sud, Centre tricontinental, 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°43 (Bilan géostratégique 2019 : la fin de Daech ?), 2019.
Moyen-Orient (Revue), n°42 (Afghanistan? Blessures de guerres, espoirs de paix), 2019.
L'Economie politique (Revue), n°83 (Quel avenir pour l'Etat-providence ?), Alternatives économiques, 2019.
Willy Gianinazzi, André Gorz. Une vie, La Découverte, 2019.
Edouard Lynch, Insurrections paysannes. De la terre à la rue, usages de la violence au XXe siècle, Vendémiaire, 2019.
Eric Hoesli, L'Epopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord, Ed. des Syrtes, 2018.
Gérard Noiriel, Les Gilets jaunes à la lumière de l'histoire. Dialogue avec Nicolas Truong, Le Monde/L'aube, 2019.
Collectif, Les marxistes contre l'autogestion. Recueil d'analyses, d'articles et de documents écrits de 1962 à 1974 pour combattre l'intoxication autogestionnaire, SELIO, 1974.
Jean-Michel Ronda, Petit bréviaire syndical et politique, L'Insomniaque, 2005.
Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, Rwanda, racisme et génocide. L'idéologie hamitique, Belin, 2016.
Ermanno Olmi, Enfant de faubourg, UGE, 1994.
Collectif, Réforme agraire au Maghreb. Colloque sur les conditions d'une véritable réforme agraire au Maroc, Maspéro, 1963.
Marc Hillel, Le massacre des survivants. En Pologne 1945-1947, Plon, 1985.
Osvaldo Bayer, Les anarchistes expropriateurs, ACL, 1995.
Philippe Vigier, La Monarchie de juillet, PUF, 1972.
Maurice Pianzola, Thomas Munzer ou la guerre des paysans, Ed. Héros-Limite, 2015.

mardi, juillet 2 2019

Mes lectures de juin 2019

Pierre-Frédéric Charpentier, Les intellectuels français et la guerre d'Espagne. Une guerre civile par procuration (1936-1939), Editions du Félin, 2019. - Ma chronique
Louis Janover, Le testament de Lénine et l'héritage de Rosa Luxemburg, Smolny, 2018.
Alternatives Sud (Revue), Etat des résistances dans le Sud : Afrique, Centre tricontinental, 2019.
Gilles Dorronsoro, Le reniement démocratique. Néolibéralisme et injustice sociale, Fayard, 2019.
Janet Biehl, Ecologie ou catastrophe. La vie de Murray Bookchin, l'Amourier, 2018.
Michel Hébert, La voix du peuple. Une histoire des assemblées au Moyen Age, PUF, 2018.
Pierre Kende et Krzysztof Pomian (sous la direction), 1956 Varsovie-Budapest. la deuxième révolution d'Octobre, Esprit, 1976.
A. L. Morton et George Tate, Histoire du mouvement ouvrier anglais, Maspero, 1963.

samedi, juin 1 2019

Mes lectures de mai 2019

Giovanni Zanoletti, "Le Djihad de la vache" au Mali. Deux (ou trois) choses que je sais de lui..., FASOPO, 2019.
Laurent Gayer, Qui gardera les gardiens ? Sécurité industrielle et production d'incertitude à Karachi, Etudes du CERI n°213, 2019.
Jill Liddington et Jill Norris, Histoire des suffragistes radicales. Le combat oublié des ouvrières du nord de l'Angleterre, Libertalia, 2018.
Charles Gide, Premières notions d'économie politique, Albin Michel, sd.

vendredi, mai 3 2019

Mes lectures d'avril 2019

Politique africaine (Revue), n°151 (Gouverner par la fiscalité), Karthala, 2018.
Echanges (Bulletin), n°160, Echanges et mouvement, 2017.
Cahier d'histoire immédiate (Revue), Comprendre le 21e siècle (1991-2011), Université de Toulouse II, 2012.

mardi, avril 2 2019

Mes lectures de mars 2019

Yves Meunier, La Bande noire. Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885), L'Echappée, 2017.
Alternatives économiques, n°HS 117 (L'économie en 2019), Alternatives économiques, 2019.
Eric Berr et Léonard Moulin, "En marche" vers la destruction de l'université, Les Economistes atterrés, 2018.
Mohamed-Ali Adraoui, Les Etats-Unis et l'islam politique. Composer avec les Frères musulmans égyptiens dans les révolutions arabes, 2016.
Fariba Adelkhah, Elections et notabilités en Iran. Une analyse du scrutin législatif de 2016 dans quatre circonscriptions, Etudes du CERI n°230, 2017.
Noureddine Amara, Des histoires de petits riens. Les Algériens, des étrangers de contrebande : Rif et Jbala dans les années 1920, FASOPO, 2018.
Moussa Tchangari, Sahel : aux origines de la crise humanitaire. Conflist armés, crise de la démocratie et convoitises extérieures, Alternatives Espaces Citoyens, 2018.
Alain Bihr, 1415-1763, le premier âge du capitalisme. Tome 1 : l'expansion européenne, Syllepse, 2018.
Alain Demurger, Temps de crises, temps d'espoir. 14-15e siècle, Seuil, 1990.
Florence Brisset-Foucault, La cité radiophonique. Démocratie de chantier, domination technocratique et patriotisme bureaucratique en Ouganda, FASOPO, 2016.
Nancy Fraser, Sur les contradictions sociales du capitalisme contemporain : de la famille, du féminisme et de leurs relations avec le néo-libéralisme, Conférence Marc-Bloch, 2016.

samedi, mars 2 2019

Mes lectures de février 2019

Gilles Vandal, Donald Trump et la déconstruction de l'Amérique, Athéna Editions, 2018. --- Voir ma chronique.
Grégoire Chamayou, La société ingouvernable. Une généalogie du libéralisme autoritaire, La Fabrique, 2018.
Frédéric Barbe, La Beaujoire, enquête sur un coup d'Etat urbain, A la criée, 2018.
Maurice Dommanget, Eugène Varlin (1839-1871), La Ruche ouvrière, 1976.
Nigel Barley, Un anthropologue en déroute, Payot, 2001.
Alain Accardo, Initiation à la sociologie de l'illusionnisme social, Le Mascaret, 1983.
Mahmout Makal, Un village anatolien. Récit d'un instituteur paysan, Plon/Terre humaine, 1963.
Christophe Charle, Histoire sociale de la France au XIXe siècle, Seuil, 1991.
Armand Cuvillier, L'Atelier, un journal d'ouvriers 1840-1850, Editions Ouvrières, 1954.
Gilles Candar et Guy Dreux, Une loi pour les retraites. Débats socialistes et syndicalistes autour de la loi de 1910, Le Bord de l'eau, 2010.
Jean-Claude Caron, L'été rouge. Chronique de la révolte populaire en France (1841), Aubier, 2002.

mercredi, février 6 2019

Donald Trump et la déconstruction de l'Amérique

Donald Trump et la déconstruction de l'Amérique
Gilles Vandal
Athéna Editions, 2018

A ma gauche, Gilles Vandal, professeur émérite à l'Ecole de politique appliquée de l'Université francophone et québecoise de Sherbrooke. A ma droite, Donald Trump, milliardaire mégalomane, rusé, vulgaire, tyrannique, caractériel, sexiste, raciste et bien d'autres choses encore. Au milieu, les lecteurs de La Tribune de Sherbrooke, quotidien francophone intimement lié au Parti libéral de Justin Trudeau, pour lesquels le premier, Gilles Vandal, a entrepris d'expliquer de quoi le second, Trump, était le nom. Cela prît la forme de dizaines de courtes chroniques couvrant la campagne électorale et les deux premières années de règne de l'imprévisible businessman reconverti dans… une autre forme de business.
Une campagne qui a vu, aux yeux de l'auteur, l'impensable (comment diable les Américains pourraient-ils confier leur sort à un démagogue intellectuellement indigent ?) devenir, dans des conditions douteuses1, réalité. Certes, ce n'est pas la première fois que le parti républicain confie son sort à des politiciens incompétents : le dernier demi-siècle nous a offert Ronald Reagan2 et, of course, Georges Bush Junior, dont la seule qualité était d'être le fils de son père. Mais Reagan et Bush n'étaient que des têtes de gondole destinées à captiver la foule, derrière eux se trouvait un appareil cohérent, capable de tenir la Maison blanche. Rien de tel avec Donald Trump puisqu'il a conquis le parti en fédérant la base contre une large partie de l'establishment républicain, aujourd'hui désorienté, pris en otage par son aile la plus radicale. Donald Trump, l'outsider, s'est appuyé sur la frange la plus droitière du Parti républicain pour s'imposer comme le candidat de la revanche, emmenant avec lui le puritain Mike Pence : quel improbable duo !
Pour Gilles Vandal, c'est à une revanche que l'on a assisté avec la victoire de Trump : celle de l'Amérique blanche, réactionnaire (et pas majoritairement ouvrière3) sur tout ce qu'a pu incarner Barack Obama, le temps de son règne. Pour preuve, la volonté obsessionnelle du nouveau locataire de la Maison blanche d'en finir avec l'Obamacare, alors même qu'une frange non négligeable de son électorat ainsi qu'une partie des élus républicains ne veulent pas entendre parler ; s'il n'est pas parvenu à ses fins, il a réussi cependant à rendre l'accès à l'assurance médicale facultatif...

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En une dizaine de chapitres, Gilles Vandal nous met donc dans les pas de cet homme brutal, imprévisible, amoral, menteur invétéré, auto-centré. Un homme qui a un but : faire le ménage et déconstruire, non pas seulement l'héritage Obama mais ce sur quoi s'est reposée la puissante Amérique durant des décennies : une certaine idée de son rôle dans le monde. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, Trump bouscule tout, tonitrue, menace, tweete et re-tweete et ce faisant désarçonne jusqu'à son camp, voire même surtout son camp. Trump n'a pas d'amis, mais des adversaires qu'il faut châtier et des partenaires qu'il faut mettre au pas. Cela se vérifie régulièrement dans sa politique étrangère où il insulte les uns et les autres, du dictateur nord-coréen jusqu'à ses alliés au sein de l'OTAN, en passant par l'Iran, évidemment, ou encore le Canada, son partenaire au sein de l'ALENA. Il n'écoute rien ni personne, ne supporte pas les critiques, congédie les sceptiques et ne s'entoure que d'incompétents et de proches. La politique n'est pour lui qu'un rapport de force brutal, où l'on passe des deals, comme dans le monde des affaires. Gilles Vandal, libéral et centriste, ne peut que déplorer que les us et coutumes policés de la diplomatie internationale aient été jetés aux orties, ternissant comme jamais l'image de l'Amérique aux yeux du monde. Il regrette également que les relations entre républicains et démocrates, rudes certes, mais non dépourvues de respect mutuel (entre gens du même monde…) aient été malmenées par un braillard ne respectant rien ni personne. D'une certaine façon, il pleure un monde (dont il ne fait malheureusement aucune critique) en train de disparaître.
Trump demeure ainsi un OVNI, un objet vociférant non encore (totalement) identifié. N'est-il qu'un de ces populistes illibéraux qui fleurissent ça et là ? Un crypto-fasciste ? Une parenthèse désolante destinée à se clore bien vite (comme les mid-terms peuvent le laisser penser) grâce à la montée des mouvements sociaux, ou la première marche vers la fascisation de la première puissance mondiale ? Car entre deux saillies et deux tweets, Trump place ses hommes à des postes-clés...

Notes :
1. Certains accusent les services secrets russes de s'être ingérés dans l'élection présidentielle américaine pour « salir » la réputation d'Hillary Clinton. Parallèlement, d'autres pensent que Trump redoute que la justice s'intéresse de près à ses pratiques de businessman en Russie...
2. Reagan était davantage réputé pour ses envolées anti-soviétiques que pour sa maîtrise des dossiers...
3. Il rappelle opportunément que la clientèle électorale de Trump se compose des classes moyennes les mieux nantis.

dimanche, février 3 2019

Mes lectures de janvier 2019

JANVIER 2019
Manus McGrogan, Tout ! Gauchisme, contre-culture et presse alternative dans l'après-Mai 68, L'Echappée, 2018.
Moyen-Orient (Revue), n°40 (Algérie, un régime en panne, une société en éveil), 2018.
François Audigier et Pascal Raggi (sous la direction de), Les syndicats face à la violence militante des années 1980 à nos jours, Riveneuve, 2018.
Politique africaine (Revue), n°150 (Cameroun, l'Etat stationnaire), Karthala, 2018.
Alternatives économiques, Quel monde en 2019 ?, Hors-série, 2019.
Howard Fast, Mémoires d'un rouge, Agone, 2018.
Anne de Tinguy (sous la direction de), Regards sur l'Eurasie. L'année politique 2017, Etudes du CERI n°235-235, 2018.
Jean-Louis Rocca, Le récit de vie d'une génération : la trajectoire de Chinois nés avec la Chine socialiste, Etudes du CERI n°238, 2018.
Survie (Association), Cinq guerres pour un empire. L'interventionnisme militaire français en Afrique 2011-2016, Survie, 2017.
Miao Chi, Olivier Dard (sous la direction de), La Révolution culturelle en Chine et en France, Riveneuve Editions, 2017.
Echanges (Bulletin), n°165 (automne 1968), Echanges et mouvement, 2018.
Gabor Tamas Rittersporn, Simplifications staliniennes et complications soviétiques. Tensions sociales et conflits politiques en URSS 1933-1953, EAC, 1988.
Guy Bourdé, La défaite du Front populaire, Maspero, 1977.
Daniel Guérin, Sur le fascisme : la peste brune, Maspero, 1969.

mardi, janvier 1 2019

Lectures 2018

James F. Brooks, Awat'ovi. L'histoire et les fantômes du passé en pays hopi, Anacharsis, 2018.
Les Utopiques (Cahiers de réflexions), n°9 (Travail ; tout changer), Syllepse/Solidaires, 2018.
Echanges (Bulletin), n°164 (Avec dossier sur le télétravail et l'économie collaborative), Echanges et mouvement, 2018.
Politique africaine (Revue), n°148 (La Côte d'Ivoire sous Alassane Ouattara), Karthala, 2018.
Georges Sorel, Les illusions du progrès, Rivière, 1947.
Gilles Châtelet, Les animaux malades du consensus, Lignes, 2010.
Jean-Clément Martin, La France en Révolution 1789-1799, Belin, 1990.
Epistémon, Ces idées qui ont ébranlé la France - Nanterre novembre 1967 - juin 1968, Fayard, 1968.
Alain Bergounioux, Force ouvrière, Seuil, 1975.
Paul Sweezy et Charles Bettelheim, Lettres sur quelques problèmes actuels du socialisme, Maspéro, 1972.
Karl Liebknecht, Militarisme, guerre, révolution - Choix de textes, Maspero, 1970.
Rosa Luxemburg, Oeuvres II (écrits politiques 1917-1918), Maspero, 1969.
Mouvement communiste, Mai-juin 1968 : une occasion manquée pour l'autonomie ouvrière, 2018.
Jann Marc Rouillan, Dix ans d'Action directe - Un témoignage 1977-1987, Agone, 2018.
Alternatives Sud, Etat des résistances dans le Sud : Amérique latine, Syllepse, 2018.
ICEF CFDT, La Commune de Paris, Formation, 1971.
Christophe Jaffrelot (sldd), L'Inde contemporaine de 1950 à nos jours, Fayard, 1997.
Monique Bourin-Derruau, Temps d'équilibres, temps de ruptures - XIIIe siècle, Seuil, 1990.
L'Economie politique, n°78 (Le sol, une marchandise comme les autres ?), Alternatives économiques, 2018.
Pierre Blanc, Terres, pouvoirs et conflits - Une agro-histoire du monde, Presses de Sciences Po, 2018.
A. Bebel et E. Bernstein, Correspondance Marx - Engels - Tome 1 (Les premières années de leur liaison, 1844-1849), Costes, 1947.
A. Bebel et E. Bernstein, Correspondance Marx - Engels - Tome 2 (L'exil à Londres jusq'uà la dissolution de la Ligue communiste 1850-1853, Costes, 1947.
Henri Hatzfeld, Du paupérisme à la Sécurité sociale 1850-1940, Colin, 1971.
Fernand Planche, La vie ardente et intrépide de Louise Michel, SLIM, 1946.
Frédéric Lordon, Les affects de la politique, Seuil, 2016.
Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France - De la guerre de Cent-ans à nos jours, Agone, 2018.
Politique africaine (Revue), n°149 (Radicalisations, science et politique), Karthala, 2018.
Alternatives Sud, La domination touristique, Syllepse, 2018.
Christophe Jaffrelot, Le capitalisme de connivence en Inde sous Narendra Modi, Etudes du CERI n°237, 2018.
Robert Paxton, Le fascisme en action, Seuil, 2004.
Ida Mett, La Commune de Cronstadt - Crépuscule sanglant des soviets, Spartacus, 1977.
Thaddeus Wittlin, Beria, chef de la police secrète stalinienne, Nouveau monde, 2014.
Riazanov / Engels / Luxembourg, La confession de Karl Marx, Spartacus, 1969.
Georges Yvernaud, La peau et les os - Les souffrances de la captivité, Le Dilettante, 1998. Époustouflant témoignage sur les camps de prisonniers durant le Seconde Guerre mondiale.
Comité invisible, Maintenant, La Fabrique, 2017.
Gatien Elie, La plaine - Récits de travailleurs du productivisme agricole, Amsterdam, 2018.
Charles Reeve, Le socialisme sauvage - Essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours, L'Echappée, 2018
Joshua Clover, L'émeute prime - La nouvelle ère des soulèvements, Entremonde, 2018.
Chronique internationale de l'IRES, n°161 (03/2018), IRES, 2018. Quatre articles sur l'Argentine (contestation sociale), le Royaume-uni (pauvreté) et les Etats-Unis (réforme fiscale et grèves des enseignants).
Olivier Grojean, La révolution kurde - Le PKK et la fabrique d'une utopie, La Découverte, 2017.
Heinrich Geiselberger (sous la direction de), L'âge de la régression, Premier Parallèle, 2017.
Benjamin Coriat, Changer l'entreprise ? Quand la montagne accouche d'une souris (à propos du rapport Notat-Senard sur la réforme de l'entreprise), Les Economistes atterrés, 2018.
Jann Marc Rouillan, Je regrette, Agone, 2016.
Pier Carlo Masini, Anarchistes et communistes dans le mouvement des conseils à Turin, Nautilus, 1983.
Maurice Lime, Les syndicats américains dans un tournant - Etude critique du rapport de Robert Kennedy devant la commission sénatoriale, Editions syndicalistes, 1966.
Raphaël Liogier, Ce populisme qui vient, Textuel, 2013.
Dominique Barthélémy, L'ordre seigneurial XIe-XIIe siècle, Seuil, 1990.
Anne Steiner, Le goût de l'émeute - Manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la "Belle époque", L'Echappée, 2012.
Mohammed Hachemaoui, Clientélisme et patronage dans l'Algérie contemporaine, Karthala, 2013. --- Plongée (très) complexe dans la politique algérienne.
Constantin Sinelnikoff, L'oeuvre de Wilhelm Reich (Tome 2), Maspero, 1970.
Politique africaine, n°26 (Classes, Etat, marchés), Karthala, 1987.
Le Mouvement social, n°79 (La Commune de Paris - Actes du colloque universitaire), Editions ouvrières, 1972.
Claude Nicolet, Le radicalisme, PUF, 1967.
Jean-Pierre Garnier, Le capitalisme high tech, Spartacus, 1988.
Malatesta/Merlino, Pour ou contre les élections - La polémique entre Errico Malatesta et Francesco Saverio Merlino (1897-1898), Groupe 1er Mai, 1982.
Jean Barrot, Communisme et question russe, Spartacus, 1972.
Guillaume Goutte, Passeurs d'espoir - Réseaux de passage du mouvement libertaire espagnol (1938-1975), Editions libertaires, 2013.
Maria-Antonietta Macciocchi, Lettres de l'intérieur du parti - Le Parti communiste, les masses et les forces révolutionnaires pendant la campagne électorale à Naples en mai 1968, Maspéro, 1970.
Alternatives Sud, De l'usage du genre, Syllepse, 2018.
L'Economie politique, n°78 (Le sol, une marchandise comme les autres ?), Alternatives économiques, 2018.
Charles Denby, Coeur indigné - Autobiographie d'un ouvrier noir, Ed. Plein chant, 2017.
Robert Gessain, Ammassalik ou la civilisation obligatoire, Flammarion, 1969. --- Les eskimo face à la "civilisation". Evolution de la situation des années 1930 aux années 1960.
Pierre Pierrard, Juifs et catholiques français - De Drumont à Jules Isaac (1886-1945), Fayard, 1970.
Pomerol et Médoc, Lordstown 72 ou Les déboires de la General Motors, Spartacus, 1973.
Ruptures (Groupe), Les conseils ouvriers italiens (1920) : aperçus et actualité, MAT, 1989.
François Bédarida, Eric Giuily, Gérard Rameix, Syndicats et patrons en Grande-Bretagne, Editions Ouvrières, 1980.
Slavoj Zizek et Srecko Horvat, Sauvons-nous de nos sauveurs, Lignes, 2013.
Centre d'études socialistes (Cahiers), Vers de nouvelles luttes ouvrières, CCES, 1969.
Philippe Oriol, Bernard Lazare, Stock, 2003.
Nicolas Delalande, Les batailles de l'impôt - Consentement et résistances de 1789 à nos jours, Seuil, 2011.
Centre d'études socialistes (Cahiers du), Les marxistes et la notion de l'Etat, CCES, 1964. --- Textes de Henri Lefebvre et Yvan Craipeau.
Tarek Osman, Les révolutions égyptiennes - De Nasser à la chute de Moubarak, Le Bruit du monde, 2011.
Sezin Topçu, La France nucléaire - L'art de gouverner une technologie contestée, Seuil, 2013.
Emmanuel Kreis, Les puissances de l'ombre - La théorie du complot dans les textes, CNRS Editions, 2012.
Stéphane Lebecq, Les origines franques (5e-9e siècle), Seuil, Nouvelle histoire de la France médiévale, 1990.
Laurent Theis, L'héritage de Charles - De la mort de Charlemagne aux environs de l'an mil, Seuil, Nouvelle histoire de la France médiévale, 1990.
Questions internationales, n°89 (Arabie saoudite - Transformation ou illusion), La Documentation française, 2018.
Pierre Bourdieu, Anthropologie économique - Cours au Collège de France 1992-1993, Seuil, 2017.
Politis (Journal), Hors-série n°67 (Que reste-t-il de Mai 68 ?), 2018.
Charles Denby, Coeur indigné - Autobiographie d'un ouvrier noir, Ed. Plein chant, 2017.
Jürgen Kuczynski, Les origines de la classe ouvrière, Hachette, 1967.
Olivier Roy, En quête de l'Orient perdu - Entretiens avec Jean-Louis Schlegel, Seuil, 2014.
Antoine Kernen, La Chine vers l'économie de marché - Les privatisatons à Shenyang, Karthala, 2004.
Pierre Lascoumes, Une démocratie corruptible - Arrangements, favoritisme et conflits d'intérêts, Seuil, 2011.
Gérard Berréby et Raoul Vaneigem, Rien n'est fini, tout commence, Allia, 2014.
Autogestion et socialisme (Revue), Cahier n°15 (La Commune de Paris), 1971.
Retière / Le Crom, Une solidarité en miettes - Socio-histoire de l'aide alimentaire des années 1930 à nos jours, PUR, 2018.
Alternatives Sud (Revue), Droites militantes et mobilisations réactionnaires, Centre Tricontinental, 2018.
Loren Goldner, La question agraire dans la révolution russe, Echanges et Mouvement, 2018.
Pascal Boniface, Géopolitique du sport, Armand Colin, 2014.
Eric Hobsbawm, Marx et l'histoire - Textes inédits, Démopolis, 2008.
Guy Groux, Le conflit en mouvement, Hachette, 1996.
Moyen-Orient (Revue), n°37 (01/2018, Turquie, le tournant autoritaire).
Alternatives économiques, Quel monde en 2018 ? - Hors série, 2017.
Eddy Fougier, Les Zadistes : un nouvel anticapitalisme (1), Fondapol, 2016.
Salvatore Maugeri, Toscane sanglante - Les mille visages du "monstre de Florence": de l'énigme criminelle au fiasco judiciaire, Valsa Editions, 2015. --- Plongée macabre et sordide sur les traces de tueurs en série.
Cahier d'histoire immédiate (Revue), n°50 (La Cinquième République en perspectives), Université de Pau, 2017.
L'Economie politique (Revue), n°77 (La mondialisation sans boussole), Alternatives économiques, 2018.
Olivier Assouly, L'organisation criminelle de la faim - Essai, Actes Sud, 2013.
Cai Chongguo, Chine : l'envers de la puisssance, Mango, 2005.
Alain Corbin, Le village des cannibales, Flammarion, 1990. --- Quand des paysans de Dordogne supplicient un noble en 1870 au nom de l'Empire chancelant...
Mahmoud Hussein, Versant sud de la liberté - Essai sur l'émergence de l'individu dans le tiers-monde, La Découverte, 1989.
Alternatives économiques, HS n°6 (L'économie en débats - 20 sujets polémiques), AlterEco, 2017.
Bernard Friot, Vaincre Macron, La Dispute, 2017.
Marc Ferro, L'aveuglement - Une autre histoire de notre monde, Tallandier/Texto, 2017.
Danilo Martuccelli, La condition sociale moderne - L'avenir d'une inquiétude, Gallimard, 2017.
Pascal Marichalar, Qui a tué les verriers de Givors ? - Une enquête de sciences sociales, La Découverte, 2017.
Neil Sheehan, L'innocence perdue, Seuil, 1990. --- La guerre du Vietnam à travers l'itinéraire de John Vann, conseiller spécial de 1962 à 1972. Un pavé (plus de 600 pages) sur ce conflit effroyable qui fit plus de deux millions de morts vietnamiens et quelques dizaines de milliers du côté de l'Oncle Sam.
Politique africaine (Revue), n°8 (Discours populistes, mouvements populaires), Karthala, 1982.
Politique africaine (Revue), n°105 (France-Afrique : sortir du pacte colonial), Karthala, 2007.
Moses Finley, Démocratie antique et démocratie moderne, Payot, 1976.
Moses Finley, Les anciens Grecs, La Découverte, 1993.
Moses Finley, L'économie antique,Ed. de Minuit, 1975.
Alan Forrest, La Révolution française et les pauvres, Perrin, 1986.
Georges Duby, Le dimanche de Bouvines, Gallimard, 2002.
Jacques Le Goff, La bourse et la vie - Economie et religion au Moyen âge, Hachette, 1986

Mes lectures de décembre 2018

James F. Brooks, Awat'ovi. L'histoire et les fantômes du passé en pays hopi, Anacharsis, 2018.
Les Utopiques (Cahiers de réflexions), n°9 (Travail ; tout changer), Syllepse/Solidaires, 2018.
Echanges (Bulletin), n°164 (Avec dossier sur le télétravail et l'économie collaborative), Echanges et mouvement, 2018.
Politique africaine (Revue), n°148 (La Côte d'Ivoire sous Alassane Ouattara), Karthala, 2018.
Georges Sorel, Les illusions du progrès, Rivière, 1947.
Gilles Châtelet, Les animaux malades du consensus, Lignes, 2010.
Jean-Clément Martin, La France en Révolution 1789-1799, Belin, 1990.
Epistémon, Ces idées qui ont ébranlé la France - Nanterre novembre 1967 - juin 1968, Fayard, 1968.
Alain Bergounioux, Force ouvrière, Seuil, 1975.
Paul Sweezy et Charles Bettelheim, Lettres sur quelques problèmes actuels du socialisme, Maspéro, 1972.
Karl Liebknecht, Militarisme, guerre, révolution - Choix de textes, Maspero, 1970.
Rosa Luxemburg, Oeuvres II (écrits politiques 1917-1918), Maspero, 1969.

samedi, décembre 1 2018

Mes lectures de novembre 2018

Mouvement communiste, Mai-juin 1968 : une occasion manquée pour l'autonomie ouvrière, 2018.
Jann Marc Rouillan, Dix ans d'Action directe - Un témoignage 1977-1987, Agone, 2018.
Alternatives Sud, Etat des résistances dans le Sud : Amérique latine, Syllepse, 2018.
ICEF CFDT, La Commune de Paris, Formation, 1971.
Christophe Jaffrelot (sldd), L'Inde contemporaine de 1950 à nos jours, Fayard, 1997.
Monique Bourin-Derruau, Temps d'équilibres, temps de ruptures - XIIIe siècle, Seuil, 1990.

vendredi, novembre 2 2018

Mes lectures d'Octobre 2018

L'Economie politique, n°78 (Le sol, une marchandise comme les autres ?), Alternatives économiques, 2018.
Pierre Blanc, Terres, pouvoirs et conflits - Une agro-histoire du monde, Presses de Sciences Po, 2018.
A. Bebel et E. Bernstein, Correspondance Marx - Engels - Tome 1 (Les premières années de leur liaison, 1844-1849), Costes, 1947.
A. Bebel et E. Bernstein, Correspondance Marx - Engels - Tome 2 (L'exil à Londres jusq'uà la dissolution de la Ligue communiste 1850-1853, Costes, 1947.
Henri Hatzfeld, Du paupérisme à la Sécurité sociale 1850-1940, Colin, 1971.
Fernand Planche, La vie ardente et intrépide de Louise Michel, SLIM, 1946.

jeudi, octobre 4 2018

Mes lectures de septembre 2018

Frédéric Lordon, Les affects de la politique, Seuil, 2016.
Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France - De la guerre de Cent-ans à nos jours, Agone, 2018.
Politique africaine (Revue), n°149 (Radicalisations, science et politique), Karthala, 2018.
Alternatives Sud, La domination touristique, Syllepse, 2018.
Christophe Jaffrelot, Le capitalisme de connivence en Inde sous Narendra Modi, Etudes du CERI n°237, 2018.
Robert Paxton, Le fascisme en action, Seuil, 2004.
Ida Mett, La Commune de Cronstadt - Crépuscule sanglant des soviets, Spartacus, 1977.
Thaddeus Wittlin, Beria, chef de la police secrète stalinienne, Nouveau monde, 2014.
Riazanov / Engels / Luxembourg, La confession de Karl Marx, Spartacus, 1969.
Georges Yvernaud, La peau et les os - Les souffrances de la captivité, Le Dilettante, 1998. Époustouflant témoignage sur les camps de prisonniers durant le Seconde Guerre mondiale.

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