Le Monde comme il va

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Actualité internationale

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Tête creuse et Donald Trompe

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°15 (mai 2016)

Les primaires américaines ont rendu leur verdict du côté républicain. Les électeurs de la droite américaine avait le choix, principalement, entre Ted Cruz et Donald Trump, autrement dit Tête creuse et Donald Trompe. Dans leur grande sagesse, celle qui les fit élire Georges Bush Junior par exemple, ils ont opté pour Donald, dont on ne sait s'il doit porter à rire ou à pleurer. Ils l'ont fait au grand désespoir de l'establishment républicain pour lequel le programme notamment économique de Donald Trump est bien trop hérétique pour les amoureux du big business.

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Renzi en tête de proue

Et si Matteo Renzi avait raison ? Le sémillant premier ministre italien, que l'on classe volontiers au centre-gauche, le clame haut et fort : la réforme du marché du travail qu'il a initié en Italie en 2014-2015 a porté ses fruits ! Pourquoi diable ce qui a marché au pays de la mozarella échouerait au pays des mille fromages ? Matteo Renzi ne comprend pas cette jeunesse française qui refuse cette main que le marché libre lui tend. Il a exprimé son dépit lors du sommet franco-italien de Venise le 8 mars dernier. La jeunesse italienne, elle, a compris le message et elle lui baise les pieds entre deux contrats précaires.

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Iran, des élections pour faire bouger les lignes

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°11 (mars 2016)

Les élections iraniennes ont rendu une partie de leur verdict. La montée en puissance des réformateurs et conservateurs modérés est venue conforter le président Rohani dans sa stratégie d'apaisement, dans sa volonté de faire de l'Iran un Etat « normal » et non plus voyou aux yeux du monde dit libre et notamment à ceux du premier d'entre eux : les Etats-Unis d'Amérique. Ce retour en grâce de l'Iran suite à la signature d'un accord sur le nucléaire restera d'ailleurs, l'une des rares réussites du président Obama sur la scène internationale, avec évidemment Cuba…

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Où va Israël ?

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°10 (février 2016)

La paranoïa est une pathologie nationale en Israël. Celui qui pense et écrit ainsi est Ran Edelist, un journaliste d'un des principaux quotidien israélien, Maariv, journal de centre-droit, autant dire limite gauchiste au regard de la politique et de la composition du gouvernement Netanyahou. Je plaisante bien sûr.

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Tunisie, la révolution et son fantôme

En ce mois de février 2016, j'ai une pensée pour ce jeune Marocain qui, un jour de décembre 2010, las des humiliations, s'est immolé par le feu dans sa ville de Sidi Bouzid. J'ai une pensée pour toi, Mohammed Bouazizi, dont le suicide a provoqué la chute de Ben Ali et, dans son sillage, a entraîné la jeunesse d'autres pays arabes à lever haut le drapeau de l'émancipation politique et sociale.

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L'Inde de Modi : un modèle de développement…

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°8 (janvier 2016)

Depuis 2014, l'Inde a hérité d'un nouveau Premier Ministre. Narendra Modi est le prototype même de l'homme d'appareil. Lentement mais sûrement, il a gravi tous les échelons de son parti le BJP, le Parti du peuple indien, jusqu'à en devenir une des figures majeures au début du présent siècle. Il doit sa notoriété à ses talents de tribun, à sa capacité à capturer l'attention des masses hindoues avec ses envolées lyriques nationalistes et anti-musulmanes. On l'a souvent accusé de jouer avec le feu, voire même d'allumer les incendies inter-communautaires dans son bastion du Gujarat, un Etat situé à l'ouest de l'Inde qui a subi une longue influence musulmane, même si sa population est à 80 % hindouiste.

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Pourquoi Daech

Je fais partie de ceux qui considèrent que les relations internationales, les rivalités inter-impérialistes ont joué un rôle majeur dans l'apparition et le développement du jihadisme armé contemporain. Majeur et non unique, évidemment. Cela ne saurait donc nous faire oublier les autres facteurs ayant permis aux discours islamistes de devenir la voix d’une partie des sans-voix.

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En finir avec Daech...

Comment liquider Daech ? Vladimir Poutine avait promis d'en finir avec les jihadistes tchétchènes, dagesthanais et autres, quitte à aller lui-même les buter jusque dans les chiottes ; excusez ma vulgarité mais je crois que ce sont ses mots. Poutine a tenu en grande partie parole, liquidant une bonne partie de l'opposition tchétchène, islamiste ou pas, en menant ce que j'appellerais, doux euphémisme, une « sale guerre ».

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La pari sanglant d'Erdogan

Nouvelle donne, vieilles rengaines (émission n°3, novembre 2015)

Recep Tayyip Erdogan a réussi son pari. Avec 49 % des suffrages exprimés et plus de 310 députés sur 550, Il est parvenu à faire de son parti, l’AKP, la force hégémonique de la scène politique turque, une force telle qu’elle peut se passer d’alliance pour gouverner.

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L'humiliation comme boussole

Nouvelle donne, vieilles rengaines (émission n°3, novembre 2015)

La situation s'est de nouveau tendue ces dernières semaines en Israël, et notamment à Jérusalem. Je pourrais parler d'un nouveau cycle de violence mais ce serait oublier que la violence, politique, sociale, symbolique, est la compagne de chaque jour pour les Palestiniens des territoires comme pour ceux de l'intérieur.

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Erdogan : la stratégie du pire

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°1 (12 octobre 2015)

Que recherche Recep Tayyip Erdogan, le président turc ? Telle est la question qui se pose depuis qu'il a engagé l'armée dans une guerre brutale contre le mouvement kurde.
Depuis 2003 et la conquête du pouvoir par son parti, l'AKP, le Parti de la justice et du développement, Erdogan a su conjuguer « modernité » et « tradition », et faire rimer développement capitaliste effréné et conservatisme religieux et sociétal. Il a incarné un temps un islamisme modéré dans lequel une grande partie de l'électorat turc s'est reconnu, notamment en province. Il fut même réélu brillamment en 2007, 2011 et enfin 2014, où il est devenu le premier président de la République de Turquie élu dès le premier tour de scrutin au suffrage universel direct. Malheureusement, cette victoire attendue ne fut pas complète puisque l'AKP n'a pas obtenu la majorité absolue. Or, autant que sa réélection, c'est la majorité absolue que recherchait Erdogan, car celle-ci lui était nécessaire pour faire passer son projet de réforme constitutionnelle faisant de la Turquie un régime présidentiel. Il faut dire que les années passant, Erdogan s'est transformé en une sorte d'« hyperprésident », en autocrate, multipliant les projets pharaonesques (ponts, buildings, palais...) censés incarner le retour au premier plan d'une Turquie moderne, fastueuse et islamo-compatible, une Turquie qui soit à la hauteur de ce que fut jadis l'Empire ottoman. Les islamistes, modérés ou radicaux, ont beau se référer à l'Ouma, à la communauté des croyants, ils n'en demeurent pas moins prisonniers des cadres nationaux dans lesquels ils s'expriment. A ce jeu-là, Erdogan n'est pas moins nationaliste qu'un kémaliste, et sa volonté de refaire de la Turquie une puissance régionale en témoigne.

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A toute vapeur contre Boko Haram…

Chronique (février 2015)

Si l'on en croît certains observateurs, Boko Haram serait déjà sur le reculoir, et le fait que la secte nigériane ait tenté de s'emparer de quelques villes du sud-Niger est davantage le signe d'une fuite en avant qu'une démonstration de force. Ainsi il aura suffi qu'une véritable armée, en l'occurrence celle du Tchad, entre dans la danse pour que les troupes de Boko Haram connaissent de cuisants revers. Il faut dire que l'armée tchadienne est réputée pour son professionnalisme et sa brutalité, elle qui défend becs et ongles depuis tant d'années ce grand démocrate d'Idriss Déby, grand ami de la Françafrique. Mais si vaincre Boko Haram militairement est de l'ordre du possible, il sera tout aussi indispensable de s'attaquer aux conditions politiques, économiques et sociales qui ont rendu possible l'émergence d'un tel mouvement.

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Le coup de la barbichette

Chronique (février 2015)

Tsipras contre Merkel. Grèce contre Allemagne. Gauche radicale contre Troïka. Populisme contre réalisme. Pragmatisme contre orthodoxie…

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« T'es pour qui, toi ? » (Deuxième partie : Egypte et Tunisie)

Chronique (janvier 2015)

« T'es pour qui, toi ? » Ma fille, ses neuf ans et son mètre trente me posent souvent cette question quand j'émets une sorte de grognement d'insatisfaction à l'écoute des informations.
« T'es pour qui, toi ? » et invariablement, je lui fais la même réponse : « Pourquoi voudrais-tu que je choisisse un camp plutôt qu'un autre ? Et pourquoi la télé ne nous montre-t-elle souvent que deux camps ? » Mais ne croyez pas que je veuille me défiler en lui répondant cela. Prenons pour exemples l'Egypte et la Tunisie.

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« T'es pour qui, toi ? » (Première partie : l'Ukraine)

Chronique (décembre 2014)

« T'es pour qui, toi ? » Ma fille, ses neuf ans et son mètre trente me posent souvent cette question quand j'émets une sorte de grognement d'insatisfaction à l'écoute des informations. « T'es pour qui, toi ? » et invariablement, je lui fais la même réponse : « Pourquoi voudrais-tu que je choisisse un camp plutôt qu'un autre ? Et pourquoi la télé ne nous montre-t-elle souvent que deux camps ? » Mais ne croyez pas que je veuille me défiler en lui répondant ceci. Prenons pour exemple la question ukrainienne.

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"Quitte à choisir…"

Chronique (novembre 2014)

A ma gauche, un oligarque au regard plutôt tourné vers l'Ouest, autrement dit l'Occident ; à ma droite, un oligarque au regard plutôt tourné vers le Nord, autrement dit vers Moscou. Telle pourrait être somme toute un résumé assez simple de la situation passée et présente de l'Ukraine, le pays où jadis existât une révolution orange.
Pauvre Ukraine. Depuis le début des années 1990, son calvaire continue. La nomenklatura soviétique s'est muée en caste néolibérale affairiste, et une terre sous le joug du capitalisme d’État s'est transformée en Far west pour kleptomanes avertis, autrement dit issu du sérail.

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Syrie, la violence comme seule issue

Chronique (octobre 2014)

La pièce est sombre, le gamin se tient là, debout, et il tient à deux mains un revolver trop lourd pour lui sous le regard amusé d'une demi-douzaine de jeunes hommes. Nous sommes quelque part en Syrie, en zone rebelle, loin de tout mais pas assez encore pour échapper aux bombardements de l'armée nationale. En attendant Daech…

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Pologne : le dilemme de l'étau

Chronique (septembre 2014)

Qui a tué Lech Kaczynski ? Souvenez-vous, nous sommes en avril 2010 et l'avion transportant le président polonais, chef de file de la droite catholique et conservatrice, s'écrase dans la région de Smolensk, non loin de Katyn et de son charnier de sinistre mémoire. Katyn 1939, c'est là où des dizaines de milliers de soldats et de civils polonais furent trucidés par l'Armée rouge de Staline, tandis qu'à l'Ouest, l'armée nazie avait déjà pris le contrôle de la moitié du pays.

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Ukraine : l'histoire circulaire

A l'heure où j'écris ces lignes, la situation en Ukraine a grandement évolué. Le président Yanoukowicz vient d'être lâché par ses compères, et Ioula Timochenko, l'opposante-affairiste emprisonnée depuis deux ans vient d'être libérée.
Pour nos grands médias, les "Ukrainiens révoltés" ont gagné, et Ioula Timochenko est transformée en une sorte de Blanche-Neige démocrate.
Du coup, j'ai exhumé de mes archives deux articles rédigés en 2005 et 2008 dans lesquels je donnais des éléments pour comprendre la complexe situation ukrainienne. Des années ont passé, mais je ne crois pas qu'ils aient perdu beaucoup de leur pertinence...

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Turquie : fin de partie ?

En Turquie, Recep Tayyip Erdogan tient encore les rênes du pouvoir mais il sait que son temps est compté. Celui qui reçut le Prix Kadhafi des droits de l'homme en 2010 est plus que chahuté depuis près d'un an, tout à la fois par une fraction de la jeunesse que son conservatisme énerve, par l'armée qui plane au-dessus du pouvoir, prête à remettre « son ordre » si d'aventure Erdogan remettait en cause la laïcité turque, mais également au sein même de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP), où certains ne supportent plus son autoritarisme.

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