Le Monde comme il va

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Des poireaux, des moutons et la « patent box »

Chronique (décembre 2014)


Depuis des siècles et des siècles, des hommes s'évertuent à faire de l'argent avec de l'argent. Pour cela, il faut faire travailler sa cogiteuse. Soyons honnêtes, disons-le franchement : il faut également des amis ; des amis haut placés, le genre qui détient les rênes du pouvoir, pose son séant sur les bancs des assemblées et qui, au nom de la compétitivité, de la croissance, de la liberté d'entreprendre ou de je ne sais quoi d'autre est capable de faire de votre intérêt particulier l'intérêt général. Faut savoir sous-traiter de temps en temps.

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L'amour est dans le prêt : Je t'aime, moi non plus (8)

Septembre 2012


Comme vous le savez sans doute, le Traité de Maastricht inclut dans l'un de ses articles une clause dite de « non-sauvetage ». En clair, les Etats membres de la zone Euro en déficit sont priés d'aller se refinancer sur le Marché, car de solidarité entre eux, il ne peut y avoir. Chacun se doit donc d'être vertueux, prévoyant et austère comme un presbytérien. L'Europe s'est construit sous le signe de l'amour, mais l'amour peut être vache et le mariage, sous contrat...

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Le compromis ou "la rue"

Chronique n°20 (mai 2012)

Les urnes ont donc rendu leur verdict. Le Flamby corrézien a eu raison du Carnassier de Neuilly. Je devrais arrêter d'ailleurs de traiter François Hollande de Flamby, non parce que cela serait insultant pour ce produit lacté, ne faites pas de mauvais esprit, mais parce qu'il a prouvé lors de cette campagne qu'il était bien plus malin que ne pouvaient le penser ceux qui ne voyaient en lui qu'un second couteau tout juste bon à juguler les ardeurs des éléphants de la rue Solferino.
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L'amour est dans le prêt : "Non à l'Europe allemande !" (6)

Chronique n°9 (décembre 2011)

Du haut de l’Acropole aux remblas barcelonais en passant par la Citadelle de Belfort, un même cri se faire entendre : « Non à l’Europe allemande ! » Et déjà certains couillons griment Angela Merkel en néo-nazi, fustigent l’orgueil allemand et sa volonté de toute-puissance, oubliant qu’il n’est pas nécessaire d’être allemand et d’extrême-droite pour prôner l’orthodoxie monétaire ! Il suffit de diriger la Banque centrale européenne !

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L'amour est dans le prêt : le meilleur des mondes (5)

Chronique n°8 (décembre 2011)

Souvenez-vous. Nous sommes en 1984, à Douaumont, devant le monument aux morts honorant comme il se doit les victimes de la Grande Boucherie de 1914-1918. Là, François Mitterrand colle sa mimine d’ancien partisan de l’Algérie française dans celle de Helmut Kohl, chancelier de la Bundesrepublik. Que notre président d’alors semblait petit aux côtés de son alter ego allemand, avec son double-mètre et son quintal. Mais avouons-le, l’image avait de la gueule, témoignant de la volonté indéfectible de l’Etat français et de l’Etat allemand de s’unir pour le meilleur en conjurant le pire.

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L'amour est dans le prêt : vivre à crédit (2)

Chronique n°3 (octobre 2011)

En 1992, l'honnête citoyen français s'est rendu dans l'isoloir pour dire si oui ou non il acceptait que la France ratifie le Traité de Maastricht. Et par une courte majorité, le oui l'a emporté. Ce fut donc la victoire du Marché libre, de l'Euro et de la Paix puisque, vous le savez tous, nous oeuvrons pour l'amitié entre les peuples en soutenant l'Europe libérale ; alors que les anti-Européens, eux, sont des grégaires nationalistes à front bas ou des communistes mal dégrossis, voire les deux.

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Misère du développement : l'Irlande

Chronique n°7 (décembre 2010)
Rappelez-vous. Nous sommes en 1958, et André Robert Raimbourg, alias Bourvil, nous offre une superbe Ballade irlandaise : « Un oranger sur le sol irlandais, on ne le verra jamais, un jour de neige embaumé de lilas, jamais on ne le verra. »
Ce faisant, Bourvil faisait preuve de bon sens populaire. Ce faisant, tout autant, Bourvil témoignait de son manque de foi dans la capacité du capitalisme à transformer radicalement le monde.

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Ils appellent cela démocratie

Emission n°3, octobre 2009

« Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. » (Octave Mirbeau, La grève des électeurs, 1888). Avec ces mots cinglants et sarcastiques, l'écrivain Octave Mirbeau nous disait tout le bien qu'il pensait à la fin du 19e siècle de cette démocratie bourgeoise aux mains des repus, des conservateurs, des calotins. J'aimerais revenir ce soir, et rapidement, sur quatre élections importantes qui se sont déroulées ces derniers mois, et notamment le traitement qui leur fut réservé par nos medias.

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Politique européenne n°27 (2009) « Les syndicats à l'épreuve de l'Europe »

Note de lecture Emission n°2 du 8 octobre 2009

Je ne crois pas verser dans l'excès en affirmant que la Confédération européenne des syndicats (CES) ne s'est guère fait entendre depuis que la « crise des subprimes » a traversé l'Atlantique. Pour comprendre cette apathie, je ne peux que vous conseiller de lire le dernier numéro de la revue Politique européenne, revue scientifique et universitaire éditée par les Editions L'Harmattan. Cette dernière livraison s'intitule : « Les syndicats à l'épreuve de l'Europe ». Le titre a été particulièrement bien choisi car la CES subit bien plus l'Europe telle qu'elle se construit qu'elle n'a montré être en capacité à lui faire infléchir sa trajectoire libérale.

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