Le Monde comme il va

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mercredi, juillet 6 2016

Laurent Berger : une certaine conception du syndicalisme

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°18 (juin 2016)

J'aimerais vous faire part de quelques-unes de mes réflexions à la lecture d'une interview de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, donnée au JDD il y a une dizaine de jours. Après avoir signifié son désarroi devant la crise traversée par le dialogue social en France, critiqué les maladresses du gouvernement et les postures des uns et des autres, Laurent Berger est appelé par le journaliste à répondre à la question qui est dans toutes les têtes : « comment en sortir ? » A cette question-là, Laurent Berger ne répond pas franchement mais il a une phrase qui en dit long sur sa vision du syndicalisme contemporain. Je le cite : « Je constate que les blocages viennent de salariés et d'agents qui ne sont pas concernés par le projet de loi. »

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mardi, mai 24 2016

Répression des manifestations

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°16 (mai 2016)

Pauvre Hollande, pauvre Valls, pauvre Cazeneuve, et par conséquence, pauvres de nous. Les jours passent et ils creusent, creusent, creusent. A la vitesse où ils vont, ils sont capables de toucher le fond avant l'été. Droits dans leurs bottes, ils nous promettent l'ordre, la sécurité et le progrès social avec CRS, CFDT et 49,3. Comme Hollande l'a déclaré récemment : « Trop de gouvernement ont cédé, d'où l'état du pays que j'ai trouvé en 2012, pour que moi-même, dans des circonstances pas faciles, je cède dès lors qu'un compromis a été trouvé. »

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lundi, mai 9 2016

Violence des uns, violence des autres

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°15 (mai 2016)

Depuis plusieurs années maintenant, il n'est pas rare que des manifestations dégénèrent à Nantes, Rennes, Paris ou ailleurs.
Pour certains, ces violences, ces atteintes aux biens publics ou privés et aux personnes assermentées (les forces de l'ordre) sont inacceptables et à condamner. Ils considèrent que dans la société démocratique, même imparfaite dans laquelle nous vivons, la défense des intérêts particuliers ou de l'idée qu'on se fait de l'intérêt général doit rester dans le cadre de la légalité, doit se faire dans le respect des lois. Ce point de vue moral ou éthique, respectable en lui-même, je ne le partage pas ; ce qui ne veut pas dire que j'applaudis à chaque fois qu'un malheureux abribus, que les vitres d'un commerce quelconque subit la colère des manifestants ; j'y reviendrai.

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lundi, mars 14 2016

Flint a du plomb dans l'aile

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°11 (mars 2016)

Connaissez-vous Flint ? Flint, grande cité industrielle du Michigan, fief de la General Motors, ville de naissance du célèbre documentariste-militant Michael Moore.

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lundi, février 22 2016

Voter !

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°10 (février 2016)

Avant pour enterrer un problème, disait cette vieille baderne de Georges Clemenceau, on créait une commission. Aujourd'hui, du côté de l'Elysée et Matignon, on promet des votations.

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lundi, janvier 25 2016

Indépendance de la justice (encore !)

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°8 (janvier 2008)

Le 12 janvier dernier, le tribunal correctionnel d'Amiens a condamné à de lourdes peines huit salariés de Goodyear qui avait séquestré deux cadres supérieurs de leur entreprise en passe d'être liquidée par son principal donner d'ordre, une multinationale américaine du nom de Titan. Deux jours de séquestration, sans violence physique, sans chemise arrachée. Goodyear n'avait d'ailleurs pas porté plainte dans un souci d'apaisement au moment de signer l'accord de fin de conflit.

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mercredi, janvier 13 2016

A votre santé

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°7 (janvier 2016)

« Il est plus facile de faire entrer son fils (dans la prestigieuse université de) Eton que d'obtenir un rendez-vous avec son médecin ». Celui qui s'exprime ainsi n'est pas un gauchiste, un keynésien fou ou un je-ne-sais-quoi mais Simon Heffer, journaliste au Daily telegraph, très sérieux journal conservateur au pays de sa très Gracieuse. Dans un article paru en novembre dernier, Simon Heffer dresse un tableau effrayant du NHS, Le National Health Service, autrement dit le système de santé public.

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Pauvreté, non ! Inégalités, oui

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°7 (Alternantes FM)

A chaque début d'année, c'est comme ça, on se met à prendre de bonnes résolutions : arrêter de fumer, de trop boire, de regarder la télé ou de fredonner des chansons de Michel Delpech. Et on les note pieusement sur un bout de papier, histoire de pouvoir les réitérer le 31 décembre suivant. La Communauté internationale fonctionne comme le plus humble bipède : elle fait des promesses qu'elle ne tiendra pas mais qui réchauffent le coeur. Elle sait que nous ne pouvons pas vivre sans espoirs et sans leurres.

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lundi, novembre 23 2015

Le mur comme politique

Nouvelle donne, vieilles rengaines (émission n°4, novembre 2015)

Des murs, encore des murs, rien que des murs. Il semble que la seule réponse possible aux périls contemporains consiste en l'érection de murs de parpaings, de béton ou de barbelés. Des murs pour se protéger de la masse des gueux. Des murs pour se préserver de la misère et de la violence qu'ils portent sur eux. Des murs pour vivre à l'écart des tourments du monde dans l'espoir, si vain, de ne pas être emportés un jour par ces mêmes tourments.

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lundi, octobre 26 2015

Violence ouvrière (qu'ils disent)

Nouvelle donne, vieilles rengaines (2e émission, octobre 2015)


L'image a fait le tour du monde libre, provoqué moults commentaires et noirci beaucoup de papier : des salariés en colère rassemblés en meute ont malmené deux cadres supérieurs en vociférant. On se serait cru à Decazeville en 1886 lorsque des mineurs en colère rassemblés en meute avaient malmené le directeur, le dénommé Watrin. Watrin n'en avait pas perdu la chemise, mais tout bonnement la vie puisque les prolétaires aveyronnais l'avait défenestré et lynché. Watrin accablait d'amendes les mineurs histoire de rabioter leurs salaires et de gonfler les bénéfices de la compagnie ; et les siennes en passant car toute peine, même la plus dégueulasse, mérite salaire. Watrin était un affameur, un point c'est tout.

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lundi, octobre 12 2015

Humanité et fermeté

Nouvelle donne, vieilles rengaines n°1 (12 octobre)

Humanité et fermeté. Telles furent les mots employés par Manuel Valls et Bernard Cazeneuve à propos de l’actuelle « crise des migrants ».
Humanité et fermeté. Ces mots m’ont ramené 25 ans en arrière quand je militais ardemment au GASPROM, une association de solidarité avec les travailleurs immigrés nantaise. Je m’étais spécialisé dans les questions ayant trait au droit d’asile, notamment à sa défense car voyez-vous, ce droit d’asile subissait alors un cure d’amaigrissement drastique de la part des gouvernements de droite et de gauche qui se succédaient.

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dimanche, juin 7 2015

Ca se passe comme ça, à Pôle emploi

Chronique (juin 2015)

Nous sommes un mardi du mois de mai, dans la salle d'une antenne Pôle Emploi de Loire-Atlantique. Une vingtaine de personnes patiente en attendant que la conseillère ne prenne la parole. Il y a là des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes, des abonnés de la précarité salariale, ceux qui alternent CDD et chômage en attendant mieux ou moins pire, question de point de vue.

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vendredi, mai 22 2015

Rebsamen : en Pôle pour l'emploi !

Chronique (mai 2015)

Sauvé, on est sauvé ! Le Parti socialiste a trouvé la solution pour lutter contre le chômage. Une vraie solution, pas un truc hurluberlu du style partage du temps d'exploitation, loi anti-licenciements de convenance, loi contre les délocalisations. Les trucs hurluberlus, y'en a marre : ça crée pas de l'emploi, ça angoisse le patronat et ça le fait bouder.

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lundi, décembre 8 2014

Travailleur social ou gestionnaire de flux ?

Chronique (décembre 2014)

Au milieu du 19e siècle, à la montée du paupérisme, de cette misère extrême frappant les classes populaires, la bourgeoisie opposait la charité chrétienne, cette empathie des bien lotis pour les malheureux méritants.
A la fin du 19e siècle, la bourgeoisie éclairé comprit enfin qu'elle devait faire prendre en charge par l’État ceux qui trouvaient difficilement leur place au banquet du monde. Certes, des libéraux très ultra fustigèrent aussitôt un Etat envahissant et trop compatissant, refusant de voir émerger une fiscalité inévitablement inquisitoriale et confiscatoire mais leurs voix furent de peu de poids face aux risques que leur cynisme et insensibilité faisaient courir au capitalisme. Car c'est bien la peur du « rouge », de la Révolution, de la subversion qui poussa nombre d’États à soulager les maux provoqués par le capitalisme lui-même.

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lundi, décembre 1 2014

Des poireaux, des moutons et la « patent box »

Chronique (décembre 2014)


Depuis des siècles et des siècles, des hommes s'évertuent à faire de l'argent avec de l'argent. Pour cela, il faut faire travailler sa cogiteuse. Soyons honnêtes, disons-le franchement : il faut également des amis ; des amis haut placés, le genre qui détient les rênes du pouvoir, pose son séant sur les bancs des assemblées et qui, au nom de la compétitivité, de la croissance, de la liberté d'entreprendre ou de je ne sais quoi d'autre est capable de faire de votre intérêt particulier l'intérêt général. Faut savoir sous-traiter de temps en temps.

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lundi, octobre 27 2014

Rana Plaza, un an après

Chronique octobre 2014 (Patsy et Fabrice)

Au milieu du 19e siècle, afin de préserver les bonnes mœurs et la moralité publique, quelques patrons très pieux eurent l'idée de créer des usines-couvents. Une usine-couvent était un lieu clos, dépourvu de recoins sombres, et géré de façon toute militaire afin d'éviter que la main d'oeuvre féminine n'ait à subir les assauts des mâles, de bon gré parfois ou de mauvais gré souvent, car certains profitaient de leur statut pour s'arroger un droit de cuissage. D'autres patrons créèrent des usines-internats destinées aux jeunes filles dont les parents désiraient qu'on préserve la vertu. Entre l'atelier, le dortoir collectif et la salle de prière, leur hymen était à coup sûr bien gardé ! Le contrôle social au service de la productivité : on n'a rien trouvé de mieux !

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lundi, octobre 20 2014

Gary Becker is dead

Chronique (octobre 2014)

Gary Becker est mort. C'était en mai dernier et bêtement, cette information m'était sortie de la tête. Gary Becker est mort et cela ne me fait ni chaud ni froid. Et c'est peut-être également votre cas : car qui connaît Gary Becker ? Pas grand monde, hormis les économistes, les sociologues et les pauvres.
Les économistes, parce que Gary Becker était un membre de leur communauté. Les sociologues, parce que l'économie de Gary Becker avait la volonté d'expliquer tous nos comportements sociaux. Les pauvres, parce que Gary Becker s'essuyait dessus avec allégresse. Je corrige : les pauvres ne connaissaient pas Gary Becker mais vivaient au quotidien la traduction concrète de ses idées.

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mardi, septembre 30 2014

Du gueux à moudre

Chronique (septembre 2014)

Avec un taux de chômage supérieur à 10 %, une croissance en berne et un moral dans les chaussettes, la patrie des droits de l'Homme et du citoyen va mal, très mal. Les recettes des politiciens ne fonctionnent pas. Normal, les politiciens ne se mettent point les mains dans le cambouis. Ils pérorent, échafaudent des plans, ménagent la chèvre et le chou alors qu'il leur faudrait, au contraire, prendre des décisions fortes, radicales. En revanche, les patrons, ces conquérants du monde moderne, ces aigles que l'on prend trop souvent pour des pigeons, savent ce qui leur faut pour remettre de la croissance dans l'atonie, du bonheur sur les visages et de la sueur sur les fronts. Car c'est dans l'effort que la Nation trouve un supplément d'âme. C'est dans l'effort qu'elle se forgera un destin à la hauteur de son passé. Oui, je sais, j'en fais trop, mais j'essaie de mettre du Malraux dans le Gattaz afin de captiver votre attention.

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lundi, septembre 22 2014

Macron-économie et micro-connerie

Chronique (septembre 2014)

Quand ça va pas, ça va pas. Quand ça veut pas, ça veut pas. Y'a comme un mauvais œil qui traîne là, là et là. On a beau faire tout ce qu'on peut pour que ça passe, eh bin non ! Y'a toujours un truc, un mot, un événement qui vous plombe la journée.
Pauvre François Hollande… Il pensait égayer ses journées en confiant la barre du bateau chavirant du socialisme gouvernemental à Manuel Valls et à son affidé, jeune loup à peine pubère, Emmanuel Macron. Deux Manu pour mettre la France sous tension, ça avait d'la gueule. Mais voilà, quand ça va pas, ça va pas, quand ça veut pas, ça veut pas. Emmanuel Macron, personne ne le connaissait. Homme de l'ombre, brillant et séduisant dit-on, il incarnait à merveille cette gauche moderne et décomplexée, autrement dit libérale, une gauche pour qui la lutte des classes se réduit à un affrontement entre ENA et Polytechnique.

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samedi, mars 1 2014

Dimanche or not dimanche ?

Chronique (mars 2014)

Il y a quelques mois, la question du travail du dimanche occupait les premières pages des journaux. Fallait-il permettre ou pas à l'honnête citoyen de pouvoir acheter clous, vis et colle à bois le jour du seigneur, partout dans l'hexagone ? Fallait-il en finir avec ce jour sacro-saint au cours duquel les trois-quarts des salariés reconstituent leur force de travail ?

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