Le Monde comme il va

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vendredi, février 14 2014

"Vous la prendrez comment, votre discrimination ?"

Chronique (février 2014)
par Patsy et Fabrice

Un sondage, c'est un sondage, autrement dit un « truc » qu'on peut tordre un peu dans tous les sens, un « truc » qui sert à faire causer dans les chaumières médiatiques où, autour du feu des sunlights, des experts sachant expertiser expertisent doctement.
Samedi 8 février 2014, BVA nous livrait les résultats de son enquête d'opinion portant sur la discrimination positive. Une seule question était livrée à la sagacité légendaire de l'homme vulgaire, du citoyen lambda, autrement dit de vous et moi. La question posée était la suivante : « Pensez-vous que la discrimination positive, c'est-à-dire le fait d'attribuer un certain nombre de places dans les universités, les entreprises, les administrations ou les institutions politiques en priorité à des personnes issues de l'immigration serait une bonne chose ou ne serait pas une bonne chose ? »

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dimanche, janvier 26 2014

François Hollande, président social-démocrate normal

François Hollande est assis à son bureau. A ses côtés, un membre de son cabinet lui rend compte des derniers sondages : « Neuf Français sur dix ne croient plus en vous, une Française vous trouve craquant et génial. » Merci à Chappatte, le talentueux dessinateur du journal Le temps à Genève, de m'avoir fait rire en croquant ainsi le Lider maximo de l'hexagone.

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samedi, janvier 18 2014

A violence, violence et demie

Chronique (Patsy et Fabrice)

Séquestrer son patron, c'est pas bien. Un cadre ? Pas plus. Un DRH ? Pas moins. Prendre en otage un individu parce qu'il occupe telle ou telle position dans les rapports de production, c'est pas bien. Car sous l'uniforme de la brute managériale, du bureaucrate zélé, du collaborateur docile, il y a un homme qui sommeille, un père de famille attentif et généreux, un bipède sensible, un joueur de scrabble pacifique... Peut-on reprocher à un individu de faire son job sans se laisser submerger par ses affects ?

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lundi, décembre 2 2013

Le fantôme de Spencer porte-t-il un bonnet rouge ?

Chronique (décembre 2013)

Vers le milieu du 19e siècle, les libéraux commencent à prendre conscience qu’il est dans leur intérêt de soulager la misère touchant des pans entiers de la population. La révolte des artisans du textile dans l’Angleterre des années 1810 contre la mécanisation de leur métier et la soumission à l'ordre usinier a marqué les esprits, tout comme les révoltes des canuts lyonnais (ses centaines de morts et ses milliers d'emprisonnés) ont tétanisé les élites politiques et économiques hexagonales. Alors quand des médecins philanthropes explorent les bas-fonds urbains et décrivent par le menu la déchéance prolétarienne (alcoolisme, malnutrition, prostitution, misère, insalubrité...), des voix s'élèvent pour dire qu'en effet l'ordre politique et social peut vaciller si l'on ne remédie pas aux désordres sociaux provoqués par le capitalisme industriel. Et de la bienfaisance à l'action sociale étatique, il n'y a qu'un pas...

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mardi, novembre 26 2013

Les bonnets rouges : y aller ou pas

Salut à toute et tous,
Salut à toi Gérald,



Merci à toi, Gérald, de m'avoir lu et d'avoir jugé utile de poster un commentaire relatif à ma dernière chronique. Je devrais plutôt dire à « notre » dernière chronique puisqu'un camarade, Fabrice, apporte régulièrement sa pierre à l'édifice quand le temps et l'énergie le lui permettent.
J'en profite pour vous signaler que du fait des très nombreux spams venant polluer ce blog (une dizaine par jour au bas mot), vos commentaires ne sont validés qu'après contrôle. Je suis donc modérateur malgré moi. Désolé mais autrement c'est ingérable.
Ma réponse est longue, je l'admets, mais je l'espère suffisamment argumentée pour susciter l'intérêt de toutes et tous. Et désolé pour les private jokes, mais avec Gégé, nous nous connaissons depuis tellement longtemps...
Bref. Ton commentaire, Gérald, porte sur trois points : le premier concerne « Capitalisme et métropolisation », le second porte sur l'« identité nationale », le troisième est centré sur « la nature du mouvement des bonnets rouges ».

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mardi, novembre 19 2013

On est toujours le nègre de quelqu'un

Chronique (novembre 2013)
Par Patsy et Fabrice

Depuis quelques semaines, l'extrême-droite a fait de Christiane Taubira sa cible favorite. Il faut dire que la Garde des sceaux l'a bien cherché. Elle est femme, noire, intelligente et pugnace, soit l'incarnation même de ce que les racistes exècrent : la capacité des individus à ne pas se tenir à un rôle défini par autrui (Dieu, la Science ou les Dominants).

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mardi, novembre 5 2013

Jusqu'à quand ?

Chronique (novembre 2013)


Sont-ce des ombres ? Sont-ce des hommes ? Émergeant d'un brouillard épais, on distingue à peine une silhouette, peut-être un visage, des cheveux couleur de jais et un masque blanc. Nous sommes en Chine et non en Angleterre, à Harbin et non à Londres, et ce n'est pas le fog qui obstrue notre vue, mais une intense pollution industrielle qui s'est emparée de la ville au point de la rendre irrespirable, invivable. C'est la rançon du progrès, de la croissance, du développement... non régulés, of course, parce qu'un capitalisme régulé met la pollution en normes, en chiffres, en taux, ce qui, avouons-le, rassure bien au-delà du cercle des asthmatiques.

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mercredi, octobre 30 2013

L'amour est dans le prêt : un "système d'extermination"

Chronique (octobre 2013)
Par Patsy (et Fabrice)

L'Irlande fut un temps un dragon celtique. Dans ce monde globalisé, où la finance voyage sans entraves, l'Irlande était un modèle pour tous. Un taux de croissance élevé, une fiscalité réduite sur les entreprises avec la bénédiction de l'Europe libérale, des salaires comprimés pour ne pas entraver la croissance, des syndicats aux ordres et sous pression : que demander de plus ? Rien !

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jeudi, septembre 26 2013

L'amour est dans le prêt : Bangladesh

Le problème avec les pauvres qui travaillent ne tient pas seulement au fait qu'ils se plaignent toujours, mais également au fait qu'ils ne comprennent rien à l'économie.
Prenez le Bangladesh. C'est quoi le Bangladesh : un pays de misère plein de pauvres qui s'entassent dans des bidonvilles crasseux ; un pays de 150 millions de crève-la-faim avec une densité effarante de 1000 personnes au km2 ; un pays qui prend l'eau à chaque mousson, à chaque cyclone ; un pays où si l'on n'est pas un paysan pauvre qui gratte une terre ingrate, on est un prolétaire qui gagne son pain dans l'une des 4500 entreprises textile du pays.

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dimanche, septembre 15 2013

L'amour est dans le prêt : zero hour contract

Le problème avec les salariés, c'est que parfois on les paie à ne rien faire, autrement dit on les paie à ne rien rapporter.
Le vieux Taylor, Frederick de son prénom, expert en rationalisation du travail humain, n'avait pas de mots assez durs pour blâmer cette fichue flânerie ouvrière pendant laquelle, ni vu ni connu j't'embrouille, le prolétaire exploitait son patron, autrement dit se faisait payer à ne rien faire !

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lundi, mars 25 2013

Hors cadre : vivre, penser, agir en marge

Le 30e forum du film documentaire d'intervention sociale VISAGES commence ce soir et durera jusqu'à jeudi soir. Voici en prime, le discours que l'humble président que je suis délivrera à l'assemblée lors de l'inauguration...

« L'élimination des pauvres, par la survie des plus aptes, est le moyen utilisé par la nature pour améliorer la race » L'homme qui prononce ces mots s'appelle Herbert Spencer. Il est sociologue et philosophe et entend appliquer au social la théorie de l'évolution des espèces de Charles Darwin. Herbert Spencer est un libéral de tendance radicale qui considère qu'il n'appartient pas à l'Etat de rendre la société plus juste et égalitaire.

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mardi, octobre 30 2012

La Démocratie et ses mirages (1)

Octobre 2012

Cuba
José Mujica est un homme à part. Président de l'Uruguay depuis 2010, l'ancien guerillero vit dans une maison modeste, reverse 90 % de son salaire à des organismes sociaux et se fout comme d'une guigne de l'argent et des Rolex. Tout récemment, il s'est blessé au visage alors qu'il aidait son voisin à réparer son toit. Bref, Mujica est un humble, un homme simple.

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jeudi, octobre 25 2012

A Notre-Dame-des-Landes, l’état rase (mais pas gratis)

Entre 500 000 € et Un Million, ce sera -dit on- le coût de l’assaut policier lancé pour expulser les « squatters » du site prévu pour construire l’aéroport de Notre Dame des Landes et détruire les maisons et cabanes où ils logeaient ainsi que les jardins qu’ils cultivaient. A ce prix là, on aurait pu en construire des maisons au lieu d’en détruire et de faire une centaine de sans-abris en plus, après avoir promis en campagne électorale de combattre la crise du logement.
S’il est un symbole à retenir de la crapulerie des baratineurs s’étant fait élire en promettant le « changement », celui là pourrait bien servir. Invoquer la nécessaire « rigueur » ; obliger la majorité des français à se serrer un peu plus la ceinture, cet État sait le faire (Comme le précédent, celui des truands décomplexés, dont il se prétend l’antagonisme). Mais, pour taper sur la gueule de ceux qui ne sont pas d’accord avec le projet pharaonique de son Premier Sinistre, il en trouve, de l’argent.
Cynisme supplémentaire : Il laisse entendre que ce sont les expulsés et démolis eux-mêmes qui seraient cause de ces dépenses délirantes. « Bien obligé… Pour faire respecter le droit ! » clame, en substance, le préfet dans les haut-parleurs bienveillants des journalistes, cherchant ainsi à dresser les contribuables contre ces salauds de « squatters » qui obligent l’État à dépenser. Mais si l’État voulait vraiment faire des économies, il pourrait en faire beaucoup en abandonnant ce projet ruineux, inutile et nuisible. On voit bien que ce n’est pas ce qu’il veut et que son souci du contribuable est à géométrie variable. (Notons, en passant, que si on avait usé de tels moyens policiers dans certains cas de truanderie patronale, au lieu de taper sur des grévistes, le droit aurait alors été peut être moins tordu par ces vampires !)

Mais cette stratégie de gros bras rouleurs de mécaniques (bulldozers et pelleteuses) ; cette politique de terre mouillée (le temps est avec nous, disent-ils) ne marche pas : Elle contribue à resserrer les rangs des opposants au lieu de les diviser entre agriculteurs et riverains dont on « comprend l’inquiétude » (Mais qu’on expulsera quand même, plus tard) et « anarchistes fouteurs de merde ». Même si les uns et les autres ne sont pas d’accord sur tout et s’il y a parfois entre eux des « tensions » que les partisans de l’aéroport s’efforcent d’exacerber (Il y a des cons partout : chez les « rebelles » comme chez les « citoyens » pacifistes. Mais si on devait comptabiliser les cons chez les politiciens, ils remporteraient la palme d’or haut la main !), ils sont tous d’accord pour dire que cet assaut de soudards et ces destructions sauvages sont une Ignominie. Et ils luttent au coude à coude. C’est pourquoi ils gagneront.
D’autant plus que vous allez les soutenir, vous tous que les maîtres arrogants et cyniques de cette société déboussolée écœurent. Partout en France, et dans le monde, il est temps de manifester que vous êtes à leur côté ; de trouver tous les moyens de combattre ce projet délirant et ceux qui veulent l’imposer.

Non à l’ayraultport. Non aux expulsions et destructions.
Vinci dégage ! Flics sortez de nos vies !

Gédicus (24 octobre 2012)

Pour en savoir plus : http://zad.nadir.org & http://acipa.free.fr
Une video à voir : vimeo.com/52063732

mercredi, octobre 24 2012

Non à l'Ayrault-port !

J'ai fait partie de celles et ceux qui luttèrent dans les années 1990 contre le projet de centrale nucléaire du Carnet sur une base claire : "Non au nucléaire, ici ou ailleurs". Notre refus du nucléaire s'inscrivait dans un combat global contre le capitalisme techno-bureaucratique, système d'exploitation et d'aliénation, et pas seulement contre un mode de production d'énergie dangereux. Autant vous l'avouer : je conchie le capitalisme vert, écolo-friendly, avec son développement durable, son agriculture raisonnée et ses rayons bio en grandes surfaces.
Je ne fais pas partie malheureusement de celles et ceux qui se battent avec énergie contre le projet d'aéroport mais je les soutiens. Lutter contre l'aéroport ne se résume pas à lutter contre un projet à mes yeux inutile et coûteux. Lutter contre l'aéroport signifie également lutter contre la touristification du monde et ses conséquences concrètes sur le territoire nantais : développement du précariat (le tourisme ne peut être que saisonnier sous nos latitudes), instrumentalisation de la culture (comme génératrice de croissance économique), gentrification du centre-ville...
L'Aéroport se fera-t-il ? Je n'en sais rien. Je pense que la crise économique, bien plus que la mobilisation, est l'obstacle majeur qui empêche sa réalisation. Nous sommes peut-être en train de revivre le scénario du Carnet. Le projet n'est pas abandonné mais "ajourné". Laisser les squatteurs occuper les terres et développer des modes de vie rupturistes serait symboliquement admettre une défaite politique. Virer les squatteurs leur permet de sauver la face ce qui, en politique, est tout sauf négligeable.
Désolé pour ce blabla rapide et peu construit (mais je suis aussi fatigué qu'énervé !) qui n'avait qu'un but : vous inviter à visionner cette vidéo sur les expulsions en cours sur Notre-Dame-des-Landes.

lundi, septembre 10 2012

Dura lex, sed lex

Richard Eggers est un salaud, une ordure, une vermine, et personne ne le savait. Il aurait pu finir sa vie dans l'anonymat le plus complet mais heureusement il y a une justice en ce bas-monde. Aucun crime ne doit rester impuni et en cette période de crise économique aiguë, il est même recommandé de ne rien laisser passer. Chez Wells fargo, la banque qui emploie ce sexagénaire à l'aspect bonhomme, on a compris le message. Remontons le temps...

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jeudi, septembre 6 2012

Un lapsus révélateur (quoique...)

Septembre 2012


Jeudi 6 septembre vers les 20h, alors que je faisais comme d'hab' ma vaisselle (je ne fais relâche que le 8 mars), j'ai entendu un journaliste de France Info commettre un délicieux lapsus.
Rappelons le contexte. Ce jeudi-là, Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne, annonce que cette austère institution toute entière vouée à la lutte contre l'inflation a décidé de voler au secours des pays européens lourdement endettés. Par quel moyen ? En promettant d'acheter le cas échéant mais de façon illimitée une partie de leurs dettes souveraines. Dans quel but ? Rassurer les marchés qui ont, comme chacun le sait, le trouillomêtre à zéro, et empêcher les méchants de spéculer sur la capacité des pays faibles de la zone euro à sortir la tête de l'eau. Ce faisant, les Etats en faillite virtuelle peuvent espérer enfin avoir la possibilité de se refinancer à des taux moins prohibitifs. En faisant cette annonce, en « laissant entendre que... », Mario Draghi envoie un message au Marché : si vous poussez le bouchon trop loin, la BCE interviendra et mettre fin à la curée, non mais !

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vendredi, mars 30 2012

Le genre dans tous ses éclats

En tant qu'humble président de l'association Visages qui organise chaque année un forum documentaire sur l'intervention sociale, je me suis fendu d'une intervention pour l'inauguration dudit forum 2012 qui s'est déroulé cette semaine. La thématique 2012 traitait des rapports hommes-femmes et de la question du genre. Je vous livre ci-dessous ce texte...

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mardi, mars 6 2012

CPAM de l'Hérault : show must go on

Chronique n°18 (mars 2012)

Il y a une semaine, dans les locaux de la Caisse primaire d'assurance maladie de Béziers, un homme s'est donné la mort. Il s'est pendu. Il avait la cinquantaine, s'appelait Thierry Hainaut et occupait la fonction de chargé de mission auprès du directeur départemental de la maison Sécu de l'Hérault.

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mardi, janvier 31 2012

Le mythe de la non-politisation du syndicalisme allemand

Chronique n°15 (février 2012)

Mes amis, l'heure est grave. Comme le Triple A s'est fait la malle, la potion magique aura un goût amer. Il nous faudra faire des efforts – je veux dire encore plus d'efforts, faire des sacrifices pour surmonter l'épreuve que nous impose ces temps tourmentés, et tourner résolument nos regards vers le Nirvana, autrement dit l'Allemagne, un des rares pays européens à tirer son épingle du jeu dans cette zone euro qui va à vau-l'eau.

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lundi, janvier 30 2012

Allemagne : les joies du "modèle allemand"

''Comme il semble de bon ton de saluer le "modèle allemand" (chômage faible, compétitivité élevée, dialogue social...), je vous propose de découvrir un texte que j'ai écrit en mars 2005 sur les fameuses lois Hartz réformant le marché de l'emploi outre-rhin.''

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